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l'ascension de l'ame vers la contemplation 95
« Sur la terre la béatitude nous fait défaut parce qu'il nous est impossible d'atteindre à l'unité et à la continuité dans cette intuition sur Dieu où s'épanouit notre être. Cependant nous pouvons dès ici-bas participer un peu au bonheur parfait grâce à la vie contemplative. Celle-ci, au lieu de nous occuper à mille choses diverses comme la vie active, concentre nos puissances pour une œuvre unique : considérer la vérité divine. Sans doute, parfois, l'on doit cesser de s'y appliquer actuellement. Mais comme en cet état on est toujours à même d'y revenir, et que les interruptions, imposées par le sommeil ou quelque autre devoir, ont pour but de mieux disposer à la contemplation, celleci semble quasi continuelle ^. II est vrai encore que l'acte contemplatif lui-même dure peu à son paroxysme, mais les actes divers qui le préparent et le consomment peuvent persévérer longtemps. ^ »
C'est surtout de l'amour de Dieu qu'il s'agit dans cette dernière observation de saint Thomas, l'amour de Dieu qui est tour à tour la source jaillisante et le fruit savoureux de la contemplation. La faisant renaître sans cesse et la prolongeant, il la perpétue en quelque sorte. Et c'est ainsi qu'une pauvre vie humaine peut ressembler dès ici-bas à celle des bienheureux ».
L'âme que depuis un temps plus ou moins long une charité fervente pousse à méditer sur les choses divines voit son labeur intellectuel se simplifier progressivement.
A la fin il ne lui faudra plus qu'un peu de recueillement pour pénétrer telle vérité, se sentir saisie par la considération de tel mystère, avec qui elle s'est longuement familiarisée. Rien en tout cela qui puisse étonner, et dans l'ordre naturel nous trouvons beaucoup d'états analogues.
L'âme jouit ainsi du fruit de ses efforts passés. Les idées, les sentiments qu'elle a recueillis se réveillent et se présentent à elle d'une façon très simple. Dès lors à quoi bon discourir lon-