Ilallae, qu. 180, a.8, ad
3. Vita contemplativa dicitur manere ratione caritatis in qua habet et principiuni et finem (II* II»», qu. 180, a. 8, ad 1).
guement et multiplier les réflexions ? On n'en éprouve pas le besoin, on n'en a pas le goût, on aurait tort de s'y contraindre. Pour quiconque est arrivé au terme de ses désirs, il est inutile, il est déraisonnable même de reprendre ses démarches. Combien de directeurs spirituels inéconnaissent ce très simple principe ! Heureuse l'âme à qui on aura donné, au contraire, les excellents conseils formulés par Bossuet dans son admirable opuscule sur la « manière courte et facile pour faire l'oraison en foi et de simple présence de Dieu ! » De tels conseils conviennent parfaitement à cette période de transition.
Bien entendu, tant que l'instruction religieuse n'est pas achevée, tant que les devoirs apostoliques imposent l'étude de la théologie, il y a lieu de lire et de réfléchir. Mais sachons faire des pauses pour contempler la vérité déjà acquise. Employons-y surtout le temps de notre oraison mentale.
A ceux qui n'ont pas encore suffisamment d'idées sur Dieu de dépenser la plus grande partie de ce temps précieux à en chercher. Mais du moment que nous sommes en possession d'une vérité salutaire, arrêtons-nous à la considérer et prenons-en occasion pour dire notre amour au Père céleste et lui promettre fidélité.
Non seulement les actes de la méditation, mais les objets euxmêmes sur lesquels elle portait, tendent à l'unité. La pensée de Dieu qui dominait plus ou moins toutes les réflexions et vers laquelle elles convergeaient, — car c'est Lui, la fin suprême et l'être aimé par excellence, — la pensée de Dieu accapare progressivement la place. Il devient de plus en plus l'objet central en qui tout le reste se rencontre. C'est en lui que l'âme regarde les autres êtres et leurs perfections, elle-même avec ses capacités et ses misères.
« O mon Dieu, Trinité que j'adore, disait Sœur Elisabeth du Carmel de Dijon, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'ctablir en Vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère. Pacifiez mon âme. Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le
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lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice... »
Lorsque l'âme arrive peu à peu à cet état d'attention amoureuse à Dieu présent, et prend goût à y demeurer, alors, régulièrement parlant, le Saint-Esprit intervient et accorde la contemplation mystique.
§ VI. — Le Saint-Esprit accorde la contemplation
Nous avons essayé de montrer à quel moment l'âme reçoit d'ordinaire le don de la contemplation. Mais il peut très bien se faire que dans certains cas le Saint-Esprit brûle les étapes.
Nous ne parlons pas des lumières spéciales accordées transitoirement, dans des circonstances exceptionnelles, par exemple à une âme assaillie de doutes qui, après avoir prié pour écarter la tentation, se trouve soudain établie dans la certitude. Mais il est certaines âmes privilégiées que Dieu ne mène pas par les voies communes. La petite Rose de Lima ayant été appelée à comparaître devant les théologiens de l'Université, ceux-ci durent constater oue Dieu l'avait (levée tout enfant à cet état d'union mystique où la plupart des saints eux-mêmes ne parviennent qu'après de longues années d'efforts ^. Sainte Thérèse cite le cas de deux religieuses arrivées en très peu de temps à l'oraison d'union : « Il en est une dont le souvenir se présente à moi en ce moment, dit-elle. En trois jours. Dieu l'a enrichie de si grands biens que si l'expérience de plusieurs années déjà, jointe à des progrès toujours croissants, ne me rendaient la chose croyable, je la regarderais comme impossible. Une autre l'a été dans l'espace de trois mois. Toutes les deux étaient encore fort jeunes. J'en ai vu d'autres ne recevoir cette grâce qu'au bout d'un long temps. Ce que j'ai dit de ces deux âmes, je pourrais le dire de quelques autres encore. Comme j'ai écrit plus haut que peu d'âmes reçoivent ces faveurs de Notre-