‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 81 sur 227 · Ibid., ch. IX · texte numérisé non relu

Ibid., ch. IX

2. Au manuscrit de Valladolid, on lit cette note : : Cette comparaison explique comment il est possible d'aimer Dieu sans savoir que l'on aime, ni ce que l'oa aime, chosi.' difficile à entendre. •

lèvres. De même ici, la volonté est à son amour, sans effort de l'entendement. Le Seigneur veut que, sans travail de l'esprit, €lle comprenne qu'elle est avec lui ; il veut qu'elle se contente d'avaler le lait qu'il lui verse dans la bouche et d'en savourer la douceur. Ainsi, qu'elle reconnaisse que c'est de lui qu'elle reçoit cette faveur, qu'elle soit heureuse d'en jouir, mais qu'elle ne cherche pas à savoir comment elle en jouit, ni même à connaître ce dont elle jouit ^. »

II importe d'exposer avec plus de détails la pensée de la célèbre mystique. Voici une page où elle résume, dit-elle, ce qu'elle a développé en ses livres précédents. « On sent dans l'intérieur de l'âme une telle suavité, qu'il est facile de reconnaître que notre Dieu en est devenu l'habitant. Ce n'est pas un de ces simples sentiments de dévotion, qui font verser en abondance des larmes pleines de douceur sur la passion de Notre-Seigneur ou sur nos péchés. Dans l'oraison dont je parle, et que j'appelle oraison de quiétude à cause du repos qu'elle procure à toutes les puissances, on se croit en possession de tout ce que l'on peut désirer. Parfois, néanmoins, quand l'âme est moins abîmée dans cette suavité, les choses se passent d'une autre manière. On dirait alors que cette suavité fortifie tout l'homme intérieur et extérieur, comme si on lui injectait dans les moelles une onction très douce, assez semblable à un parfum extraordinairement suave. C'est encore comme si l'on entrait soudain dans une pièce tout embaumée, non d'un parfum seulement, mais d'un grand nombre de parfums. On ne sait pas quelle est cette odeur ni d'où elle vient, mais on en est entièrement pénétré. Il en est de même, semble-t-il, de ce très suave amour de notre Dieu. Il entre dans l'âme avec une extrême douceur, il la remplit de plaisir et de joie, sans qu'elle puisse comprendre comment ni par où ce bien s'est introduit en elle. Elle voudrait ne pas le perdre ; elle ne voudrait ni remuer, ni parler, ni même regarder, de crainte de le voir lui échapper. Comme j'ai indiqué ailleurs de quelle manière l'âme doit se comporter alors pour en tirer profit, et que ceci n'est que pour éclaircir quelque peu

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