‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 85 sur 227 · La nuit ■ obscure, l. II, ch. xiii · texte numérisé non relu

La nuit ■ obscure, l. II, ch. xiii

tant supérieurs en saveur et mérites à ceux qu'elle ferait d'elle-même, que l'agent, qui est ici Dieu même, lui est supérieur 1.

« On pourrait objecter que la volonté est toujours subordonnée à l'entendement. Cela est vrai s'il s'agit de connnaissances purement naturelles, car alors il est vraiment impossible d'aimer un objet que l'on ne connaît pas. Mais il en est tout autrement s'il s'agit d'amour surnaturel, car Dieu peut infuser l'amour, ou augmenter son degré d'intensité, sans donner ou sans accroître en même temps les connaissances dictinctes. C'est du reste un fait d'expérience. Bien des spirituels ont constaté qu'au milieu des plus vives ardeurs de l'amour, leur connaissance ne devenait pas plus parfaite. 11 est donc possible de comprendre peu de chose et d'aimer beaucoup, comme il est possible aussi d'avoir de vastes connaissances et d'aimer peu. On voit même souvent des personnes pieuses, peu favorisées du côté de l'intelligence, se trouver très douées du côté de la volonté. La foi infuse leur suffit pour satisfaire le besoin de science que requiert l'entendement, et Dieu se sert de cette vertu pour infuser en elles ou augmenter la charité qui se traduit par des actes d'amour plus élevés, sans que la connaissance suive la progression de la volonté. Nous pouvons donc affirmer que la volonté peut progresser dans l'amour sans que l'entendement reçoive en proportion des lumières nouvelles ^. »

Terminons par quelques mots du Dialogue de sainte Catherine de Sienne touchant l'état des parfaits : « A ceux-là, dit le Seigneur, je fais la grâce de sentir que je ne suis jamais séparé d'eux, tandis que dans les autres je m'en vais et je reviens, non que je leur retire la grâce, mais bien le sentiment de ma présence. Avec ces très parfaits, parvenus à la grande perfection, et qui sont morts entièrement à toute leur volonté, je n'agis pas de la sorte. Sans interruption je me repose en eux, et par ma grâce et par l'expérience que je leur donne de ma présence... Cependant ils ne me voient pas, ils ne me goûtent pas dans

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