‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 87 sur 227 · Dialogue, ch. 78 et · texte numérisé non relu

Dialogue, ch. 78 et

118 , LA CONTEMPLATION IWYSTIQUE

Nous trouvons dans le Commentaire des Sentences un autre passage non moins remarquable. Comme saint Jean de la Croix dont nous rapportions naguère le témoignage, saint Thomas s'était rendu compte d'un fait, d'ailleurs assez courant : « Ne voit-on pas, dit-il, des gens dont le cœur brûle d'amour pour Dieu et dont l'esprit est cependant fort dépourvu de science théologique ? Pour d'autres âmes, c'est le contraire. » Et il nous donne cette explication : « Les personnes au cœur fervent ont une science amoureuse : elles connaissent la bonté divine comme l'objet de toutes leurs aspirations, elles la sentent en elles-mêmes comme la source de bienfaits sans nombre. Et cette sciencelà, ils n'en jouissent pas ceux qui ne sont pas enflammés de l'amour de Dieu ^. » N'est-il pas vrai que l'on trouve résumées en cette formule les expériences que sainte Thérèse et saint Jean de la Croix nous rapportaient tout à l'heure ?

« Il y a deux manières de connaître la bonté de Dieu et sa volonté, dit encore saint Thomas; l'une est spéculative;... l'autre est pratique, expérimentale, et celle-ci a lieu lorsqu'on éprouve en soi-même le goût de la divine douceur et la complaisance de la volonté divine. Ainsi Denys nous dit que Hiérothée apprit les choses divines par sympathie, ex compassione ad ipsa 2. »

Très souvent au cours de ses ouvrages, saint Thomas cite ce mot fameux, classique en matière de mystique : où [jiovov [iàOtov, àXXà xat TrâOiov Osi'a. Et il l'interprète toujours dans ce sens : une émotion affective, une impression causée par les choses divines, d'où suit une connaissance nouvelle, une intuition de celles-ci ^. Ainsi, dit-il, se réalise la promesse du Christ

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