‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 88 sur 227 · Il» II»e, q„. 97, a. 2, ad · texte numérisé non relu

Il» II»e, q„. 97, a. 2, ad

3. III Sent., d. 15, qu. 2, .a. l,ql»2 : « In viribus intcllprdvae partis, quamvis non sit propriu passio, quia iinrnaleriales sunt. tamen ibi est aliqnirl do rationo passionis : quia in approhcnsionp iulclloctus croati est roccptio ; cl socunduin hoc dicitur in III» du Anima (text. 2) quod int.piligere fisl pâli quoddam. In appotilu autein intollcctivo adhuc est plus de ralione passionis : quia voluntas movelur a ro secunduin quod <^st b(uia vcl mala, qnae sunt rondilionos ri'i ; iiitfllectus auteni movctur serunduni approbcnsionrni vori vcl falsi, quae non sunt rei per se, scd secunduni quod siinl in aninijl ; quia bonuin et malura mot in rébus, verum et faisum sunt in animft ut dicitur in VI° Metaphys. (text.

l'élément fondamental de l'état mystique 119

en saint Jean (XIV, 21) : « Si quelqu'un m'aime, il sera aimé de mon Père, et moi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui ^. »

Enfin lorsqu'il traite du don de sagesse, saint Thomas met à la base, avec la formule même de Denys, cette sympathie affective, cette émotion subie, cette expérience des choses divines 2.

Nous voilà donc orientés. Dès maintenant nous pressentons à quels principes il va falloir demander l'explication du phénomène mystique. Ce sont bien les principes mêmes que nous avons exposés dans nos premiers chapitres : la présence de la sainte Trinité au plus intime de notre âme, les dons du Saint- Esprit dont nous sommes doués et que les impulsions divines mettent en exercice.

Mais avant de poursuivre le développement de cette doctrine une remarque s'impose, car on se fait illusion d'ordinaire sur les expériences que les contemplatifs nous racontent, on ne comprend qu'à demi les descriptions qu'ils en donnent, on appuie trop sur des comparaisons forcément déficientes qu'ils sont obligés d'employer, on n'aperçoit pas telle et telle nuance qu'ils ne manquent pas d'y mettre, on oublie surtout que les circonstances de l'état mystique peuvent varier à l'infini.

Sans doute ces âmes éprouvent parfois des joies intenses, de grandes délices, de véritables transports qui saisissent leur être tout entier. Sainte Thérèse va jusqu'à parler d'« un ouragan de suavité » ^. « La charité répandue dans le cœur de saint Pierre d'Alcantara, nous dit le Bréviaire, à la fête de ce saint,

8) ; unde magis recipit anima a re secundum affectum, et vehementius movetur, quam secundum intellectum ; sicut dicit Dionysius, II cap. de Divinis Nominibus, quod Hierotheus patiendo didicit divina, id est ex affectu ciica divina in intellectum devenit. »

Même interprétation dans le Commentaire de l'ouvrage du pseudo-.\réopagite (In divin. Nomin. II, 4).

1. « Pfissio illa, de quâ loquitur Dionysius, nihil aliud est quam affectio ad divina... Ex ipsâ divinorum affectione provenit manifestatio eoriundem, secundum Joan. XIV, 21 : Si quis diligit me. diligetur a Pâtre meo, et ego diligam eum et manifestabo ei meipsum. » De Verit., qu. 26, a. 3, ad 18.

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