Sent., d. 35, qu. 2, a. 1. — II» II", qu. 45, a
3. Château, Sixièmes demeures, ch. il ; relation adressée à saint Pierre d'Alcan' tara, 1560 ; deuxième lettre aii P. Rodrigue Alvarez ; Vie, ch. xvi.
y allumait par moments un tel incendie qu'il devait quitter sa petite cellule et s'en aller en pleine campagne pour tempérer à la fraîcheur de l'air cette ardeur qui l'embrasait. »
Souvent toutefois ce savourement d'amour, dont nous avons parlé, est très faible. C'est à peine si l'on en prend conscience. Et même, tandis que la fine pointe de la volonté se trouve amorcée à la bonté divine, l'esprit peut s'égarer en des distractions de toutes sortes. « La sainte quiétude a divers degrés, écrit saint François de Sales, car quelquefois elle est en toutes les puissances de l'ame, jointes et unies à la volonté ; quelquefois elle est seulement en la volonté, en laquelle elle est aucunes fois sensiblement et d'autres fois imperceptiblement, d'autant qu'il arrive parfois que l'âme tire un contentement incomparable de sentir par certaines douceurs intérieures que Dieu luy est présent, comme il advint à Sfinte Elisabeth quand Nostre- Dame la visita : et d'autres fois l'ame a une certaine ardente suavité d'estre en la présence de Dieu, laquelle pour lors luy est imperceptible ; comme il advint aux disciples pèlerins qui ne s'apperçurent bonnement de l'agréable plaisir dont ils estaient touchez, marchans avec Nostre-Seigneur, sinon quand ils furent arrivez, et qu'ils l'eurent recogneu en la divine fraction du pain. Quelquefois non-seulement l'ame s'apperçoit de la présence de Dieu, mais elle l'escoute parler par certaines clartez et persuasions intérieures qui tiennent lieu de paroles : aucunes fois elle le sent parler et luy parle réciproquement, mais si secrettement, si doucement, si bellement, que c'est sans pour cela perdre la saincte paix et quiétude : si que sans se resveiller, elle veille ^ avec luy, c'est-à-dire, elle veille et parle à son bien-aimé avec autant de suave tranquillité et de gracieux repos, comme si elle sommeillait doucement. Et d'autre fois elle sent parler l'espoux, mais elle ne sçaurait luy parler, parce que l'aise de l'ouïr, ou la révérence qu'elle luy porte, la tient en silence ; ou bien parce qu'elle est en seichcresse et tellement alangourie d'esprit, qu'elle n'a de force que pour ouïr, et non pas pour parler : comme il arrive corporellemcnt quelquefois