II»e, qu. m, a
2. Voir le commentaire du P. Del Prado, O. P. sur cet article de saint Thomas si important pour l'intelligence de la « prémotion physique » . De gratia et libero arbitrio, 1. 1, p. 192-239. — Cf. ibid., p. 67-93. — t. II, p. 200-230.
Contempl. Mystique 10
n'est-il pas complètement passif, mais très réellement actif, et le signe en est que tôt ou tard il pourrait mettre le holà à ce mouvement de son âme ^. Mais de fait il accepte. L'acceptation vivante : c'est tout le rôle qui lui incombe pour assurer le succès. Dieu seul imprime le mouvement : à Dieu donc on devra attribuer tout l'effet. Et cependant l'homme en aura tout le mérite, car il agit avec le plein consentement d'une liberté parfaite, analogue à celle de l'Homme-Dieu qui ne savait que se porter au bien 2.
N'est-il pas contradictoire, dira-t-on, que Dieu seul nous entraîne à cette action, et qu'elle soit néanmoins libre chez l'homme ? Est-il même permis de l'appeler volontaire ? Car la première condition d'un acte volontaire, c'est qu'il émane de l'intérieury qu'il soit spontané. Or celui-ci procède d'un agent extérieur, Dieu, à qui tout l'effet doit être attribué. C'est de la contrainte, ce n'est plus du volontaire.
Cette objection porte à faux. On imagine une action posée toute faite par Dieu dans la volonté humaine. Or nous n'avons rien dit de pareil. L'action n'est autre que l'opération de la volonté même, encore que cette opération en émane sous l'influence de Dieu qui fait sortir l'acte de la puissance volontaire par un mouvement vital. Et cette influence divine n'a rien qui ressemble à de la contrainte. Car, à proprement parler, Dieu n'est pas extérieur à nous. Il est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. Créateur immédiat et perpétuel de notre volon-