OBSERVATION XI
A..., menuisier, 32 ans, souffre de mélancolie dès sa vingt-cinquième année, sans autre raison que son état sexuel; a le caractère sombre, des rêvasseries et n’a pas de suite dans les idées. Il a eu autrefois des pollutions fréquentes, mais actuellement seulement une ou deux fois par semaine. Ne se masturbe pas et n’a eu que rarement des rapports sexuels. N'est pas marié et s'est épris de femmes à différentes occasions, mais a été pris de méfiance tant envers elles qu'envers lui-même et ne peut d'ailleurs songer au mariage, ayant sa mère à entretenir.
Les remèdes et la gymnastique qui lui furent prescrits restèrent sans effet. Marié depuis une année, se trouve maintenant tout à fait bien portant.
C'est encore ici un sujet en proie à un état neurasthénique. Mais cet état est-il la conséquence de l’abstinence ? Le mariage l’a guéri, mais doit-il sa guérison aux rapports sexuels ou à l'influence vivifiante du foyer? Autant de questions auxquelles nous ne pouvons répondre faute d'éléments.