‹ La Contracture Latente des Convalescents de TétanosChapitre 10 sur 19 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(recueillie par le D° Moxier-VinaARD à l'Hôpital CL.-BERNARD, ‘ dans le service du PROrEssEUR P. TEISSIER).

Tétanos partiel. — Contracture latente post-tétanique.

Bür.… Désiré, 59 ans, cantonnier, entre dans le service le 12: juillet 1919 étant atteint de tétanos.

L’affection a débuté le 7 juillet par du trismus. Au mo-

ment de son arrivée, on constate une constriction des mâchoi. res très marquée, de la gêne de la déglutition qui n’est possible que pour les aliments liquides, de la raïdeur permanente des deux membres inférieurs, surtout marquée à droite, côté où se produisent en outre des spasmes paroxystiques à l'occasion des Corte de mouvéments et des excitations cutanées. Les réflexes rotuliens et achilléens, dont l'ampleur est masquée par la contracture, sont très brusques. Les muscles du dos et ceux de la paroi abdominale sont en état de contracture permanente, le ventre à la dureté du bois. Les membres supérieurs ne sont pas raidis, de même les muscles de la nuque. Pouls, 70. Température 38°5. La porte d’entrée de l’infection paraît être une plaie provoquée par-la piqûre d’un clou, au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil droit. Traitement : Injections de sérum antitétanique et chloral. :

L'état reste stationnaire jusqu’au premier août, A cette date, le trismus s’atténue, la raideur du dos, de l'abdomen et. des membres inférieurs décroît en sorte que le malade peut s'asseoir, tenter aussi de se tenir debout. Les réflexes rotuliens sont normaux, les réflexes achilléens ‘existent, mais sans ampleur ni brusquerie. Le 5 août, tous les muscles ont recouvré leur souplesse, il n'existe plus de trismus, la paroi abdo-

OT — og , minale est normale, les membres inférieurs n’ont plus au- cune raideur. : Per ; :

Le 16 août. Anesthésie générale au chloroforme, Au cours de celle- ci, on constate une contracture musculaire généralisée, sauf toutefois au niveau des membres supérieurs. Le

trismus est très serré, l'abdomen durci et excavé, les membres inférieurs raidis en hy perextension, Clonus du pied ds : } = bilatéral dans la phase de réveil anesthésique.

Durée de l’anesthésie, 19 minutes. Dès la fin de la narcose

7 rien ne persiste plus des manifestations précédentes, Le 18 août, on pratique l’anesthésie générale au protoxy de

d'azote (anesthésiste, M. Dumont). A mesure que l’'anesthésie s’avance, on constate comme précédemment du trismus, de la rétraction de la paroi abdominale, de la raideur en ex- tension des deux membres inférieurs. M. Dumont déclare que cette contracture n’a rien de commun avec les contractures passagères observées parfois chez les sujets au début de l’anesthésie au protoxyde d'azote. Même en augmentant la dose du gaz on n'arrive pas à la faire disparaître, ni même à l’atténuer. Le réveil fut très rapide, presque, instantané,

marqué par une sensation d’euphorie extrême, d'autre part,

| disparition immédiate de la contracture et le sujet peut aus- __ ‘ sitôt regagner sa salle sans être soutenu.

| Revu, quatre mois plus tard, ce malade ne présente comme : trouble subjectif que des crampes dans les mollets et la euis- 14 - se droite, se produisant quand il fait une marche un peu

| longue. Les réflexes tendineux sont normaux et égaux des

deux côtés. Il y a toutefois une hyperexcitabilité mécanique

(par la percussion au marteau) ‘du quadriceps droit, et des

secousses fibrillaires spontanées dans le muscle vaste interne

de la cuisse droite.

à CE

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