‹ La Contracture Latente des Convalescents de TétanosChapitre 9 sur 19 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(recueillie par le D° Moxnrer-VinaRD, à l’HopiTaAz LARIBOISIÈRE, dans le Service du D° FLoRan»).

T'étanos partiel. — Contracture latente post-tétanique.

Madame Vir…., 57 ans. Se blesse le 1% mai 1920, au pouce gauche en épluchant des légumes souillés de terre. Aucun soin n'est donné à cette coupure qui lui paraît insignifiante. Dix jours plus tard, début du tétanos par du trismus, de la dysphagie et des crampes douloureuses avec élancements dans le membre supérieur gauche, Le 15 mai, température 38°9, trismus très marqué, contracture de la nuque qui fixe la téte en hyperextension. Les muscles de la face sont atteints, les’ commissures labialés sont tirées en dehors, les paupières plissées, aspect typique du rire sardonique,!Con- tracture du membre supérieur gauche, le pouce est fléchi dans la paume ; le poignet est en flexion sur Pavant bras,

k qui. se otre en extension par rapport au bras. ce dernier étant en. adduction contre le thorax. La contracture est per

manente sans spasmes paroxystiques. Intégrité complète des

facultés mentales. Température, 88°5. Le membre supérieur droit est indemne ainsi que le tronc et les membres inférieurs.

Les jours suivants, l’état reste stationnaire, On injecte

chaque jour 50 cc. de sérum antitétanique sous. la peau et 20 cc. dans le canal rachidien.

LH

Le quatorzième jour de la maladie, les troubles commencent à décroître, la contracture du membre supérieur est moins considérable, les mâchoires peuvent être légèrement écartées l’une de l’autre, Continuation du traitement, Le

> vingtième jour, il ne persiste plus que de la raideur du pouce

gauche et un trismus incomplet.

Le trentième jour, toutes les contractures ont RDA et la malade est considérée comme guérie.

Le 25 juin, soit deux semaines après la guérison apparente,

anesthésie générale au chloroforme.

Au moment où l’anesthésie est complète, c’est-à-dire quand le réflexe cornéen a disparu, on constate que les mâchoires sont fortement serrées, la tête est en hyperextension, la face grimaçante, et le membre supérieur gauche réalise exactement l'attitude de contracture qu'il avait au cours de la maladie (pouce fléchi dans la paume, poignet fléchi sur l’avant-bras, avant-bras en extension et bras en adduction). Cette contracture est continue et elle est accusée au point

que lon n'arrive que très difficilement à mobiliser les segments de ce membre. Par contre, la résolution musculaire des autres membres est complète.

On interrompt l’anesthésie et sitôt le réveil effectué, soit au bout de quinze minutes environ, il ne reste plus trace des contractures que nous venons de décrire.

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