‹ La Contracture UrémiqueChapitre 14 sur 31 · FUN RL 2 VO A ERRRE · texte numérisé non relu

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Dans le liquide céphalo-rachidien

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En somme on voit que le tableau clinique présenté par ces malades est assez simple ; il s’agit de sujets albuminuriques, hypertendus ou non, avec ou sans œdème, ordinairement azotémiques et qui présentent ou non des symptômes urémiques. Mais surtout lorsqu’on examine complètement le malade, qui n’est pas toujours manifestement un urémique, on est frappé par sa raideur ; il a de la peine à s’asseoir et ce mouvement est douloureux ; il peut y avoir du Kernig, mais surtout, la colonne est toujours raide, et à un tel point que souvent la P. L. est rendue difficile, le signe de Brudzinski paraît fréquent. La photophobie semble toujours manquer. Bref on n'hésite pas à porter le diagnostic de méningite, mais la P. L. vient apporter un démenti formel : il n’y a ni hypercytose, ni hyperalbuminose. D'autre part, si on ensemence le L. C R. (ce que lon doit toujours faire chez ces malades), il se montre stérile. D'ailleurs, ces symptômes de « méningisme » ne tardent pas à disparaître. Enfin, le malade peut présenter d’autres signes nerveux, comme le montre la lecture des observations précédentes, mais ils peuvent aussi manquer. Un point intéressant à noter, est que souvent la raideur est exclusivement localisée aux muscles de la colonne : le ventre et les membres sont parfaitement souples.

Bref, tout se passe ici, à notre avis, comme si le ma-

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lade présentait une contracture localisée aux muscles de la colonne, contracture que l’on ne peut pas attribuer à une réaction méningée puisque le L. C. R. ne présente aucun des éléments caractéristiques, et dont on peut attribuer la cause à l’urémie — seul facteur étiologique connu chez ces malades.

B. - Forme simulant le tétanos

Parmi les accidents musculaires de l’urémie, il est presque classique aujourd’hui d'admettre une forme tétanique de l’urémie.

C’est une notion qui remonte au milieu du siècle dernier ; pressentie dans quelques observations d’urémie cérébrale, par. Frerichs et Addison en 1839, on en trouve une ébauche de description dans les observations de Routh (1852), de Rendu (1892), de Raymond (1883), et de Tripes (1854).

Mais c’est à Jaccoud (1885), et après lui à Lanceraux (1887), que revient le mérite d’avoir créé le type tétanique de l’urémie. On en trouve aussi des observations dans la thèse de Duroisel, mais nous avons déjà indiqué les réserves importantes qu’il y a lieu de faire.

Jaccoud (Leçons Cliniques Médicales, 1886) en signale deux cas : l’un vise un tuberculeux qui présente des contractures de la masse sacro-lombaire. du tronc, du cou, ainsi que de lopisthotonos, vomissements opiniâtres, somnolence, torpeur intellectuelle sans délire ; à l’autopsie, rien à l’encéphale, mais lésions tuberculeuses bilatérales des reins. Mort par urémie. il faut avouer que cette observation ne peut emporter la conviction : il s’agissait peut être plus simplement d’une méningite tuberculeuse terminale.

L’autre cas se rapporte à une femme arrivée dans le service sans connaissance. On note une contracture

des quatre membres et du dos avec opisthotonos. Péricardite aiguë. À l’autopsie, transformation kystique des deux reins. L’azotémie est probable, mais elle est loin d’être démontrée.

Lanceraux (Union Médicale, 1887) publie une observation dans laquelle”on peut soupçonner l’urémie, Un enfant mort de néphrite scarlatineuse a présenté de la raideur de la nuque et du dos, il n’y avait pas trace d’arnasaque, mais des vomissements verdâtres et du myosis ; deux signes qui accompagnent la rétention uréique.

Mais ces observations ne réussirent point à convaincre Chauffard qui mit en doute. en 1909 (Urémie, traité Brouardel et Gilbert), cette forme de l’urémie ; « tous ces faits, dit-il, étaient d’une époque où l’on ne pratiquait point la ponction lombaire et il est très possible qu’il s’agisse là, d’erreur de diagnostic ». Nous partageons pleinement cette opinion. En fait, il faut arriver à 1913 pour rencontrer la première observation où il semble que l’on puisse affirmer cette forme vraiment exceptionnelle de l’urémie nerveuse.

Berger et Pernet publièrent, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, et dans la thèse de Chenet- Olkhoff, un cas si caractéristique et si probant que le doute ne fut plus permis : clinique, laboratoire et constatations anatomopathologiques concourent, en effet, à démontrer, avec une quasi-certitude, l’existence et l’individualité de cette manifestation de l’urémie.

Nous rapportons, ci-dessous, ladite observation :

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