‹ La Contracture UrémiqueChapitre 16 sur 31 · DEC PET · texte numérisé non relu

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sang, à cause de la quantité très insuffisante de sang fourni par les ventouses scarifiées.

La malade succombe dans le coma, le 17 septembre dans la soirée.

Autopsie: à l’autopsie, faite le 18 septembre, l’examen de la moelle ne révèle rien d’anormal, il n’y a pas de méningite, aucune altération macroscopique.

On ne trouve aucune lésion cérébrale.

Les poumons présentent de la congestion œdémateuse, pas de tuberlose, pas d’épanchement pleural.

L’aorte thoracique et la crosse ont leur aspect normal.

Le cœur pèse 270 grammes, il n’y a pas d’hypertrophie notable du ventricule gauche, il n’existe pas de lésions orificielles.

Les reins apparaissent tout de suite très altérés, le gauche pèse 95 grammes, le droit 58 grammes. Tous deux sont manifestement petits, atrophiés, légèrement adhérents à leur capsule adipeuse. Leur capsule se décortique difficilement. Ils sont un peu granuleux en surface, fermes à la coupe qui montre une sclérose atrophique manifeste avec lipome intra-rénal.

L'examen histologique des reins montre que la capsule est épaissie, double de la normale, fibreuse, creusée de vaisseaux dilatés. Elle est faite de strates fibreuses, plissées, avec entre elles de nombreux noyaux allongés, appartenant probablement à des cellules fibro-plastiques.

En plusieurs points la capsule se continue avec des travées fibreuses très épaissies, pénétrant entre les tubuli, les étouffant et se résolvant dans la profondeur en mailles fibreuses épaisses.

En une région, se voient sous la capsule de très vastes ectasies veineuses. On trouve dans cette région particulièrement altérée une plaque fibreuse irrégulière avec sept ou huit glomérules complètement fibrosés et quatre

ou cinq tubes à épithélium plat contenant des cylindres jaunâtres homogènes à substance vaguement stratifiée.

Dans le parenchyme cortical, on constate la présence de vastes plaques fibreuses péri-vasculaires infiltrées par place d’ailleurs rares de globules blancs, il y a atrophie des tubes, épaississement considérable de la capsule de Bowmann.

De très nombreux glomérules sont complètement fibrosés, on en compte une trentaine sur une seule préparation.

Dans les tubuli contorti les cellules jaunâtres sont souvent dépourvues de noyaux. dans d’autres points elles sont desquamées, déformées, atrophiées.

Histologiquement, on a affaire à une néphrite scléreuse atrophique typique à lésions extrêmement marquées.

Le bulbe de la maladie recueilli avec la région cérébrale avoisinant a été broyé dans un mortier avec du sérum artificiel à 7 p. 1000 et injecté à deux cobayes dans le tissu cellulaire de la peau de la cuisse.

Les cobayes n’ont présenté aucune réaction pathologique locale ou générale.

Ici, le syndrome tétanique est tout à fait net et absolument simulateur du tétanos à un tel point, que le diagnostic en fut porté dans le service du Docteur Berger et que des injections de sérum anti-tétanique ont été prescrites à la malade.

Nous y retrouvons en effet les symptômes caractéristiques du tétanos: les contractures permanentes avec le trismus, la raideur de la nuque, raideur des membres inférieurs, des muscles abdominaux et un certain degré d’opisthotonos.

Et ce n’est que dans la seconde partie de la maladie que la nature urémique de ce syndrome s’exprime cliniquement par l’atténuation des contractures, le coma, la respiration de Cheyne Stokes, l’albuminurie abon-

dante, la présence de 3 grammes d’urée par litre dans le liquide céphalo-rachidien, elle est confirmée par l’examen nécroptique qui montre une néphrite scléreuse atrophique bilatérale, tout à fait caractérisée macroscopiquement et histologiquement

La seule supposition qu'on pourrait opposer à la rigueur à l'interprétation d’urémie tétanique serait celle de la combinaison chez une vieille femme d’un tétanos vrai et d’une urémie terminale. Mais deux faits viennent à l’encontre de cette supposition.

D'abord, l’apyrexie pendant tout le coma de la maladie qui est un caractère urémique et non tétanique, et surtout l’inoculation du bulbe de la malade au cobaye a confirmé qu’il ne s’agissait point du tétanos, mais qu’il y avait coïncidence d’urémie et de tétanos.

Toutefois, notons que ces formes d’urémie tétanique typiques, à séméiologie complète sont rares et que beaucoup plus fréquentes sont les formes intermédiaires frustes en quelque sorte, dans lesquelles le tableau contracture s’efface devant le tableau azotémique.

C’est le cas de lobservation rapportée par Merklen Oberling et Gonnel le 24 juin 1927, que l’on peut faire entrer aussi bien dans le cadre de l’urémie tétanique que dans celui de pseudo-méningite urémique.

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