CHAPITRE PREMIER
Les formes cliniques de la contracture urèmiqne
A. - Formes simulant la méningite
On sait qu’il est possible de constater chez les urémiques toute une série d’états méningés réalisant des aspects cliniques extrêmement variables. Ils semblent correspondre à des pathogénies diverses et leur polymorphisme a rendu nécessaire des tentatives de classification basées sur l’aspect clinique et sur la nature de la réaction méningée.
Dans son remarquable article sur le démembrement de l’urémie cérébrale, Lemierre oppose, avec raison, deux modalités différentes : — tantôt un urémique présente des symptômes dits méningés, qui imposent le diagnostic clinique de méningite ; mais la P. L. montre que le L. C. R. est entièrement normal (mises à part les perturbations possibles de l’urée, des
nl dE
chlorures ou de la R. A. rachidienne) ; — tantôt, au contraire, chez un urémique ne présentant aucun signe clinique de méningite, on fait pour une cause quelconque une P. L, on est étonné de retirer un L. C. R. puriforme, mais entièrement stérile.
Depuis ce travail de Lemierre (1922), les cas se sont multipliés et, il est désormais nécessaire de compliquer un peu Ia classification si simple de Lemierre. Pour Roger, les différents cas publiés entrent dans l’une ou l’autre des catégories suivantes :
1° Il peut s’agir tout simplement d’une méningite infectieuse aiguë chez un urémique. Ultérieurement Savy et Thiers se sont attachés à décrire sous le terme de « méningonéphrite >» des cas où l’infection frappe simultanément les reins et les méninges — la lésion méningée restant cliniquement latente en se manifestant sous une forme atypique rappelant non la méningite, mais l’urémie nerveuse banale.
2° Dans d’autres cas, « la réaction cytologique et chimique du L. C. R. ne s’accompagne pas de signes méningés cliniques et est une découverte de laboratoire ».
3° Parfois enfin, « l’hypercytose et l’hyperalbuminose du L. C. R. se rencontrent au cours d’urémie nerveuse, fébrile ou non avec raideur de la nuque, con- | tracture de la colonne vertébrale et signe de Kernig, ainsi que céphalées, vomissements et convulsions ».
4° Aux trois catégories précédentes, isolées par Roger, il convient d’en ajouter une dernière, individualisée par Lemierre et par Bouchut et Bernheim : le malade se présente avec des signes méningés clini-
LT tes
ques et cependant la P. L. montre que le L. C. R. présente une cytologie et une albumine normale. C’est ce méningisme urémique que nous proposons de faire entrer dans les contractures méningées simulant Ja méningite.
Voici 4 observations qui vont nous permettre de décrire le tableau clinique offert par ces malades :