‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 106 sur 215 · LA VBLLB DE TRENTE · texte numérisé non relu

LA VBLLB DE TRENTE

Le but que Charles posa au concile, fut surtout de guérir les maux intérieurs dont souffrait TEglise catholique. Cela lui paraissait beaucoup plus important que d'en proclamer à nouveau les dogmes, ce qui ne ferait quirriter, avant le temps voulu, les protestants. Tout Tépiscopat d'Espagne partageait cette manière de voir, et il se prépara à la défendre avec énergie, par ses meilleurs représentants à Trente, où Paul III avait, le 1 7 septembre 1544, convoqué encore une fois tous les évêques du monde, pour le 14 mars 1545. II avait également invité tous les princes chrétiens à y assister personnellement, ou du moins par leurs ambassadeurs, et à exécuter les résolutions contre les hérétiques.

La ville de Trente qui, par ces événements, devint pour quelques années le centre de la vie religieuse de l'Europe et le point de mire de toutes les nations chrétiennes, est située dans une vallée large et fertile, traversée par l' Adige et dominée par d'immenses montagnes. Le climat italien qui y prévaut est mitigé par Tair frais des Alpes. Ses champs ensoleillés, couverts de maïs, de vignes, de châtaigniers et d'oliviers, forment un admirable contraste avec les cimes abruptes de ses montagnes, étincelantes de neige pendant la plus grande partie de l'année. A cette époque, la ville avait 1,050 maisons et à peu près 10,000 habitants (*). Une partie de la population se composait d'Allemands qui, aujourd'hui, en ont presque complètement disparu ; ils se distinguaient des Italiens autant par leurs costumes et mœurs nationales que par leur langue ; ils habitaient des quartiers séparés. Le nombre des

(>) Jourtîal de MassarelU ; dans DOllinobr, Ungednickle Berichle und TajebQchcr zur Geschichle desGoncils von Trient (Nœrdlingen 1876), 1. 1, p.67

beaux palais y était considérable ; on remarquait surtout le magnifique château de Buon-Consiglio, résidence de Tévêque, et, parmi les églises, sa splendide cathédrale, bâtie deins le style roman. Une autre église remarquable était celle de Sainte-Marie Majeure, construite tout entière en marbre rose, qui fut destinée aux séances du concile,et dans laquelle on voit encore aujourd'hui de nombreux portraits des prélats qui ont assisté à cette assemblée.

L evêque était le souverain nominal du pays ; mais il dépendait de la maison d'Habsbourg, non seulement en sa qualité de prince de l'empire, mais aussi parce que le comte du Tirol avait de nombreux droits politiques daas la ville : et le comte du Tirol était alors Ferdinand, frère cadet de Charles-Quint et roi des Romains, de Bohême et de Hongrie.

En 1545, le prince-évêque de Trente se nommait Christophe, baron de Madruzzo. C'était le fils d'un des principaux généraux de l'empereur, lui-même serviteur dévoué de la maison d Autriche, qui l'avait fait nommer, à 19 ans, évêque de Trente et de Brixen, et peu de temps avant l'époque dont nous parlons, à 1 âge de 35 ans. cardinal de la sainte-Eglise.

Paul III aurait eu un certain intérêt à présider personnellement aux discussions du concile. Sa présence en eût augmenté l'éclat et l'autorité, et il eût pu imposer plus directement ses intentions aux pères réunis. Mais il n'avait plus les forces nécessaires pour tenter le voyage long et fatigant de Rome à Trente et braver les rigueurs d'un hiver passé au pied des Alpes : presqu'octogénaire, il aurait succombé à une telle fatigue. Paul n'avait, d'ailleurs, aucune envie de voir sa personne impliquée

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