‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 127 sur 215 · NULLITÉ DE L'ASSEMBLÉE DE BOLOGNE · texte numérisé non relu

NULLITÉ DE L'ASSEMBLÉE DE BOLOGNE

que pour effrayer le pape, qu'il le menaça de la convocation d'un concile particulier. Le séjour des impériaux à Trente ne devait servir qu'à protester contre rassemblée de Bologne et à faciliter le retour des autres prélats dans la première de ces villes.

En effet, rassemblée de Bologne n'avait même plus l'apparence d'un concile général. Les représentants du clergé de France et de Portugal, en quittant Trente, ne s'étaient pas rendus à Bologne. On y trouvait à peine une trentaine d'évêques, tous Italiens, dont la moitié pensionnaires des légats (*). Aucun ambassadeur séculier ne s'y était présenté. En vain' Paul essaya-t-il, par des avantages pécuniaires et autres, d'amener à Bologne un plus grand nombre de prélats. En vainThomas Campége, évéque de Feltre, composa-t-il une longue dissertation pour légitimer la translation (^). L'empereur resta ferme; il ne cessa de dire qu'il avait besoin d'un concile sur le territoire de l'empire pour réconcilier d'une manière durable les protestants allemands avec l'Eglise et pour satisfaire d'une manière quelconque à leurs justes vœux. Il était dans l'heureuse situation de pouvoir annoncer que Maurice de Saxe, Joachim de Brandebourg (*) et en général les plus puissants parmi les princes luthériens, s'étaient obligés solennellement à se soumettre à un tel concile. Quant aux autres, fit-il dire au pape, qui ne voudraient pas s'y rendre volontairement, il saurait bien les y contraindre (*).

(*) Leur liste se trouve dans Calenzia, p. 40 ss. — Le nombre de ceux qu'on payait régulièrement est de 14.

(•) Cet écrit se trouve chez Lk Plat, t. m. p. 612-624. (•) V. Druffkl, t. I, p. 59.

(*) Maurenbrecher, p. 115.

Abandonné de tout secours, effrayé des menaces de Tempereur, Paul III crut devoir céder un peu.'D'après le désir du saint-père lui-même, rassemblée de Bologne dut ajourner, provisoirement jusqu'au mois de septembre, ses séances publiques et renoncer à la formation de tout décret (^). Elle n*osa point anathématiser les prélats désobéissants qui séjournaient à Trente : au contraire, elle resta avec eux en correspondance continuelle.

Mais une telle concession était bien loin de satisfaire Charles-Quint. Ce signe de faiblesse de la part de son adversaire Tencouragea plutôt à insister sur Taccomplissement de ses volontés. Il repoussa tous les moyenstermes offerts par le pape. Il fit demander de nouveau par son ambassadeur à Rome, le retour du concile à Trente, sans condition et sans restriction (*). Il fit menacer encore une fois le pape de la convocation d'un concile, opposé à celui de Bologne (^). Le cardinal Sfondrato, se trouvant sous rinfluence personnelle de Tempereur et de son entourage, adjura le pape de ne pas risquer une telle mesure, en le blâmant de s'être aventuré si avant, contre la volonté du monarque le plus puissant du monde (*). Paul fut exaspéré par tant de mécomptes ; ne voulant pas s'humilier entièrement, il chercha du secours. Il espérait toujours en trouver auprès du roi de France. Henri II, de plus en plus influencé par la famille ambitieuse des Guise, avait, en effet, commencé à prendre une position plus décidée

(') Rayhaldi, ad an, 1547, nr. 60, 62, 65.

(') Dépêche de Diego de Mcndoza, 19 juin 1547 ; Dôllingsr, Beitraege, t. I, p. 85.

(') Instruction pour Diego de Mendoza, 23 août 1547; Maurenbrkghkr, p. 112*.

(*) Pallavicini. X, 7, 1.

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