‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 128 sur 215 · MEURTRE DE PIERRE-LOUIS · texte numérisé non relu

MEURTRE DE PIERRE-LOUIS

contre Tempereur; comme marque d'entente entre le roi très chrétien et le pontife, quelques ambassadeurs et évêques français se rendirent à Bologne. Encouragé par ces événements, Paul résolut d'augmenter le nombre des évêques de Bologne jusqu'à une centaine et de prendre alors au sérieux le concile réuni dans cette ville Q).

La situation se compliquait pour Charles. Comme au fond il ne voulait pas de schisme, il n'aurait* pu s'opposer aux décisions prises par l'assemblée de Bologne. Alors, pour intimider de nouveau le pape, il s'arrêta à une action violente, destinée à frapper Paul dans ses plus chères affections. Par l'intermédiaire de Ferdinand Gonzague, il fit surprendre Pierre-Louis, duc de Parme, son adversaire le plus dangereux dans la famille Farnèse, à Plaisance (septembre 1547), et occuper cette forteresse importante par des troupes espagnoles ; Pierre- Louis trouva même la mort dans la bagarre.

Ce fut là un terrible coup pour le vieux pontife. Ses sentiments de père et ses ambitions de famille étaient également blessés. Malgré toutes les précautions prises par l'empereur, il ne douta pas un instant d'où le coup était parti. Il ne tarit pas de menaces et de bravades de tout genre. Le cardinal Farnèse dit à l'ambassadeur d'Espagne : Si l'empereur ne nous donne pas satisfaction et ne nous rend ce qui nous appartient, nous nous donnerons au diable. Dans sa première colère, Paul voulut conclure une ligue offensive et défensive contre Charles, avec la France et Venise; une alliance même avec les

(1) Dépêche de Mendoza, 27 août 1547 ; DOllinoer, Beitraege, 1. 1, p. 107.

Turcs et les Barbaresques entra dans les plans du vicaire de Jésus-Christ (^). La France devait s'emparer de Gênes et obtenir la Sicile et le royaume de Naples au sud du Garigliano, tandis que la partie de Naples au nord de ce fleuve devait faire partie de TEtat pontifical. A Rome et à Paris, on traita avec les mécontents et les exilés napolitains, qui s'y réunirent en foule, surtout à Rome. On offrit aux Vénitiens une des villes principales du duché de Milan (^). Le jeune roi Henri II se passionna d'abord beaucoup pour ce dessein (octobre 1547) et négocia sur ces entreprises avec le saint-père, à Rome, par l'intermédiaire des cardinaux de Guise et du Bellay Q. Mais le projet trouva un accueil très froid auprès des Vénitiens, toujours prudents et circonspects, qui ne voulaient point se compromettre dans des affaires si importantes et de si longue haleine, sur l'instigation d'un vieillard maladif, dont la mort évidemment était prochaine. L'ambassadeur impérial à Venise faisait de son côté, tout ce qui lui était possible pour leur ôter la crainte d'entreprises hostiles de la part de son maître (*). Charles menaça par contre Paul III de le traiter de la manière la plus rigoureuse, s'il n'abandonnait pas ses intrigues contre la paix de l'Italie et les possessions de Sa Majesté (janvier 1548) — et le pape avait fait une triste expérience de l'efficacité des menaces impériales.

(*) Mauhenbrecheh, p. 163.

(*) Druffel, . t. I, p. 77 ss. — DÔLLINGER, Bcitraege, t. I, p. 86 s., 117 s.. 121 5s.

(•) Druffel, t. I, p. 74 ss.

(*) Instruction pour Don Juan de Mendoza, ambassadeur de l'Empereur à Venise, 7 juillet 1547; Maurenbrecher. p. 110*. — Dépêche de Morvilliers, 17 décembre 1547; Ribier. t. II, 95.

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