DIFFICULTÉS
veau concile comme une continuation de Tancien, et que, partant, ils reconnaissaient comme valables les décrets de 1546 et 1547, abhorrés de la presque totalité des Allemands. Bien des mois se passèrent avant que le premier évêque allemand se montrât au concile, forcé par la pression, tous les jours plus odieuse, de la puissance impériale.
Et ce ne furent pas là les seuls obstacles s'opposant à la marche heureuse du concile. La situation politique lui devint de plus en plus défavorable. Les deux alliés, le pape et T empereur, eurent un conflit sérieux avec la France au sujet du duché de Parme. Pendant l'été de 1551, la guerre éclata encore en Italie; elle ne fut pas déclarée ouvertement, mais on se battit. Le roi défendait d'envoyer, sous aucun prétexte, de l'argent à Rome et repoussait toute censure ou interdiction que . le pape pourrait formuler contre la France. La participation des Français au concile était devenue impossible. Henri II empêcha même les Suisses d'y envoyer leurs représentants (^).
Lorsqu'on voulut inaugurer les séances du concile, le 1** mai 1551, il n'y avait à Trente que quatorze prélats, abstraction faite des présidents et du cardinal Madruzzo. Tenant compte de cette situation peu encourageante, la majorité de la petite assemblée avait résolu d'ajourner la session publique jusqu'au 1®' septembre de la même année. En vain Charles se fatigua-t-il à décider au moins dans son royaume héréditaire d'Espagne un nombre considérable de prélats à entreprendre le voyage de Trente (*).
(«) De Thou, lib. 8.
(') Documentas inèditos para la historia de Espana, t. IX, p. 88 ss.
On se sentait si abandonné dans la petite ville alpestre qu'on n'y fit rien du tout. Alors le pape, ne récoltant de son alliance avec Tempereur que des conflits et des dangers, le menaça, en mots peu déguisés, d'une rupture complète, s'il ne pouvait réaliser sa promesse d'amener au concile les évéques et les princes d'Allemagne Q),
Charles dut reconnaître que les plaintes du souverain pontife étaient fondées. Il employa les grands moyens : et deux jours avant la session publique, les archevêquesélecteurs de Mayence et de Trêves, puis le jour suivant, deux autres évêques allemands et deux prélats espagnols arrivèrent à Trente. On y était surtout heureux de l'arrivée des deux Electeurs, princes qui jouissaient d'une importance européenne. On leur accorda parmi les archevêques Jes premières places, deux sièges plus ornés et un peu éloignés de ceux de tous les autres prélats (^). Le pape luimême attacha tant de prix à cet événement qu'il envoya à l'Electeur de Mayence une lettre spéciale de remercîments. Le roi des Romains, Ferdinand, dépêcha aussi à Trente les évêques de Vienne et d'Agram, qui devaient y siéger en même temps comme ses ambassadeurs (^). Enfin, on y vit entrer cinq députés de l'université de Louvain, théologiens de premier ordre, qui jouèrent comme prédicateurs un rôle important dans les délibérations du concile ; les plus célèbes parmi eux étaient Franz Sonnius, Renaud Tapper et Josse Ravenstein.
Cependant, on n'avait rien préparé pour la session du
{}) Lettre olographe de Jules III a V empereur ^ 27 juillet 1551; Mauresi-
BRECHER, p. 154*.
(•) Massarelli, chez Dôllinoer, Zur Gesch. d. C v. Trient, t. 1. p. 325, (•) Druffbl, t. I, p. 711.