‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 146 sur 215 · Chapitre iv · texte numérisé non relu

Chapitre iv

Pie IV, les puissances temporelles et le concile.

Mort des papes Jules III et Marcel II. — Paul IV hostile à l'Espagne et aux conciles. — Grandes pertes subies par le catholicisme. — Un concile reconnu nécessaire pour sauver l'Église. — Le nouveau pape Pie IV se montre enclin k réunir de nouveau le concile de Trente. — Les exigences des gouvernements impérial et français rendent le pape incertain. — La menace d'un synode national de France le décide à convoquer pour la troisième fois le concile général à Trente. — Concile nouveau ou renouvellement du concile ancien? — Les protestants hostiles au concile. — Le gouvernement de Catherine de Médicis et le concile. — Idées religieuses de l'empereur Ferdinand I*'. — L'empire se tient éloigné du concile. — Le libelle de réformatùm de l'empereur ; l'opinion publique au nord des Alpes. — Programme du roi de Portugal pour le concile. — Philippe II, peu favorable au concile, y adhère pour éviter le synode national de France. — Intentions de Philippe : maintien des dogmes catholiques, réforme de la hiérarchie et abaissement de la toute-puissance papale. — Pie IV, pour résister aux nations ultram<mtaines, envoie au concile de nombreux évêques italiens. — Les légats. — Ouverture du concile.

Charles-Quint avait été plus qu'aucun autre le représentant et le fauteur des idées et tendances conciliaires. Lorsque, par ses malheurs à la guerre et par ses traités de paix avec les protestants, il eut perdu toute autorité à Rome, personne n'y pensa plus à réunir de nouveau un synode général. Une telle assemblée devint d'ailleurs impossible par la longue et terrible guerre qui, pendant huit ans, à partir de 1 55 1 , sévit entre les deux premières puissances

catholiques et entraîna dans son tourbillon le monde chrétien presque entier. Comment les prélats et les ambassadeurs espagnols, français, anglais, allemands auraient-ils pu siéger paisiblement les uns à côté des autres ?

Dans l'intervalle, Jules III était mort, en 1555. Son ancien collègue au premier concile de Trente, Cervino, cardinal de Sainte-Croix, lui avait succédé sous le nom de Marcel II, mais il ne porta la tiare que pendant trois semaines. Avec lui s'évanouirent les brillantes espérances que tout le monde avait placées dans ce prince, habile diplomate, savant, bien intentionné et fort modéré au fond. Après sa mort, un homme bien différent s'assit sur le siège de saint Pierre; le cardinal Caraffa, Napolitain passionné, fougueux, entêté. Ennemi déclaré de toute réconciliation avec les idées tant soit peu libérales. Paul IV — c'est le nom qu'avait pris Caraffa — jeta en prison des cardinaux et des évêques comme suspects d'hérésie, rappela Pôle, soupçonné de modérantisme, de sa légation d'Angleterre, sévit contre tous ceux qui n'étaient pas partisans zélés de la toute-puissance papale et de la plus stricte orthodoxie romaine. Un tel pape ne pouvait incliner vers un concile, et en effet, nous le voyons essayer de réaliser par la curie même les réformes les plus nécessaires et les plus indispensables de la discipline ecclésiastique. Mais sans aucun succès : on put se convaincre ainsi que l'autorité d'un concile seule était à même de faire triompher les tendances sérieuses de réforme. Pourtant Paul IV ne put être amené à accorder la convocation d*un nouveau synode général. Il s'intéressait, du reste, beaucoup moins aux affaires de religion qu'à la guerre qu'il avait entreprise, avec plus de passion ijue de si:ccc.>,

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