‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 148 sur 215 · ÉLÉVATION DE PIE IV · texte numérisé non relu

ÉLÉVATION DE PIE IV

Italiens fins et éclairés, les princes catholiques de l'empire reconnurent pareillement, à la diète d' Augsbourg de 1559, que le seul espoir de salut pour le catholicisme reposait sur un concile général (^).

Heureusement pour la religion traditionelle, Paul IV mourut bientôt après la conclusion de la paix de Càteau- Cambrcsis, le 18 août 1559. Le collège des cardinaux ne pouvait se soustraire entièrement à l'influence des considérations adoptées partout dans le monde catholique. Dans le conclave, chacun des cardinaux prit l'engagement formel, pour le cas où la tiare lui serait échue, de convoquer le concile, de réformer la curie elle-même et d'abolir une quantité d'abus dans l'Eglise Q. Mais l'élection d'un nouveau pontife fut extrêmement longue et laborieuse. L'interrègne ne dura pas moins de quatre mois. A la fin, le 26 décembre 1559, Jean-Ange Médicis, Milanais et, par conséquent, sujet de Philippe II d'Espagne, fut élevé à la dignité papale ; il prit le nom de Pie IV.

Jean-Ange Médicis, né en 1 499, n*appartenait nullement à l'illustre famille florentine de ce nom. Au contraire, il était de basse extraction et devait toute sa fortune à son frère Jean-Jacques, homme de guerre aussi intrépide et habile que fourbe et cruel. Devenu général au service de l'empereur et nommé par celui-ci marquis de Marignan, Jean-Jacques avait introduit son frère, Jean-Ange, dans l'entourage des papes à Rome ; ayant épousé une Orsina, belle-sœur de Pierre-Louis Farnèse, il le fit nommer, par l'intermédiaire de ce fils de Paul III, cardinal de la sainte

(') BuCHOLTZ, Gehhichte Ferdinand des Ersien, t. IX, p. 564 ss.

(') J-»a formule véritable de cette confirmation est donnée par Sickel, Zur Gesehichte des Concils v. Trient (V^ienne 1872), p. 12 s.

Eglise romaine (*). Jean-Ange, du reste, n*était pas indigne de son nouveau rang. C était un bon canoniste, docteur en droit, homme bienveillant, aimable, cherchant à être en excellents rapports avec tout le monde, facile à mettre en colère, mais non moins facile à la réconciliation. Sa figure douce provoquait la confiance. Très emporté lorsqu'on le contredisait, il était prêt à tout accorder quand on le prenait par la douceur, ou quand il commençait à avoir honte de sa véhémence. Marcheur infatigable, buvant les vins les plus forts, mangeant de prédilection les mets ordinaires et difficiles à digérer ; il était au fond un caractère vulgaire, égoïste, naimant personne particulièrement, mais faible, point méchant, peureux, craignant de blesser les puissants, prêt à se donner à tout le monde. Tandis que Paul IV disait qu'il était de la dignité du pontife de marcher sur les empereurs et les rois^ Médicis prétendait qu'il fallait s'appuyer sur eux pour maintenir, dans les tempêtes de l'époque, l'autorité du saint-siège; et il n'avait pas tort. Haï de Paul IV à cause de son attachement pour la maison d'Autriche et de sa modération, il avait dû quitter Rome et avait vécu d'une manière brillante et utile en même temps, à Pise et à Milan, en s'occupant de littérature, en construisant un superbe palais, en prodiguant les bonnes œuvres. Revenu à Rome pour prendre part au conclave, après la mort de Paul IV, il disait hautement qu'il fallait regagner l'Allemagne, en lui accordant le calice et le mariage des prêtres, comme le premier avait été accordé aux Bohémiens par le concile de Bàle, et le second aux

(M Helaz. di GiroL Soranzo (Rome 1563), Alberi, série II. t. IV, p. 72 ss — Relaz, di Giac, Sorauzôj ibid. p. 129 ss.

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