‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 149 sur 215 · EXIGENCES DE LA FRANGE ET DE L*ALLEMAGNB · texte numérisé non relu

EXIGENCES DE LA FRANGE ET DE L*ALLEMAGNB

Orientaux (^). Par ses sympathies pour Tempereur, par la modération de ses idées, il se posa comme adversaire du farouche Paul IV ; et c'est probablement pour cette raison que les cardinaux Télurent pontife.

Pie IV se montra d abord résolu à exécuter Tobligation qu'il avait souscrite avec les autres cardinaux, de convoquer sans retard un concile général ; il confirma les résolutions prises pendant le conclave. Il décida même, au mois de janvier 1 560, de reprendre comme lieu de réunion lia ville de Trente, et il en fit part officiellement au sacré-coUèpe (^).

Mais il rencontra à ses intentions des obstacles sésérieux, de la part de princes qui, tout en approuvant hautement l'idée du concile, voulaient lui donner une direction contraire aux intérêts du saint-siège. L'empereur Ferdinand et le roi de France demandèrent une série de concessions importantes ; ils exigèrent, en outre, que le pape laissât au concile une liberté absolue dans ses délibérations et décisions; ils prièrent enfin Pie IV de convoquer l'assemblée dans une ville impériale, réellement allemande, et non presque italienne, comme Trente. Ils proposèrent Cologne, Ratisbonne, Constance ou même Besançon, très commodément situé pour les Espagnols, les Français et les Néerlandais : dans une de ces villes on serait sûr [de la participation des évêques allemands, on pouvait espérer même l'arrivée des protestants. Et cela, ajoutaient-ils, serait d'autant plus à souhaiter que le concile se réunirait surtout pour les

(') SiCKEL« Zur Gcsch, de Kofu. v. Trient^ p. 17 ss.

(') Lettre du cardinal de Siguema à Philippe II, 48 janvier; DOllinger. Beitraege, t. I, p. 328.

besoins de la nation allemande et pour la réconciliation des protestants Q.

Le cardinal de Médicis avait été un homme modéré et enclin à la concorde et aux mesures pacifiques. Mais comme pape ce n'étaient pas seulement ses penchants personnels qu'il avait à suivre. U se sentait le successeur d'une série immense de pontifes et obligé d'adopter la politique millénaire qu'ils avaient pratiquée avec tant de suite et de conséquence. Sa responsabilité comme chef de l'Eglise l'empêchait de faire des concessions que comme cardinal il aurait facilement approuvées. Se sachant très faible en théologie, il n'osait point trancher lui-même les questions de ce genre et aimait plutôt à s'en remettre aux cardinaux. Quoique adversaire personnel de l'inquisition, évitant toujours de s'occuper de ces affaires qui avaient fait les délices du sombre Paul IV, il la laissait agir, parce qu'il croyait que c'était son devoir (^). Le fils de sa sœur, Charles Borromée, dont il fit son secré-

taire d'Etat, son favori, son oracle, le fortifiait dans cette manière de penser. On connaît ce Charles Borromée que, plus tard, Paul V'^ a canonisé : homme d'un noble cœur, versé dans l'érudition littéraire et ecclésiastique, dépourvu de tout égoïsme, simple et pauvre au milieu de l'opulence et de la puissance, plein d'une conviction fervente, ne vivant que pour l'Eglise catholique, pour ses devoirs d'évêque et de cardinal. U n'était pas fait pour céder aux hérétiques et à leurs fauteurs. Nous voyons donc

(') Le Plat, t. lY, p. 631. — Bucholtz, Gesch, Ferdin, d. Ersten, t. IX, p. 672.

C) Relaz. di Girol. Sûranzo ; p, 72 ss. — Relaz.di Giacomo Soranzo {\b(ih\ p. 129 ss.

Page 1