‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 167 sur 215 · IRRITATION DE PIE IV · texte numérisé non relu

IRRITATION DE PIE IV

OÙ on Tavait interrompue en 1552, de sorte que la continuité du concile fût démontrée par les faits mêmes (^). Pie IV, ayant cédé de mauvaise grâce aux légats sur ce point, n'en fut que plus irrité lorsqu'il fut averti de la promesse du cardinal de Mantoue de remettre, l'occasion venue, à Tordre du jour la question de la résidence qu'à Rome on avait cru abandonnée à la décision du pape, lequel sans doute ne se serait pas empressé de se prononcer sur cette matière scabreuse. La fureur du pontife et celle de sa cour dépassaient les bornes. On appela de nouveau Gonzague et les partisans de l'institution divine de la résidence " des traîtres. „ En vain le premier président offrit-il encore une fois sa démission ; en vain, parmi les prélats indépendants, les uns demandèrent la permission de quitter Trente, les autres adressèrent au saint-père une lettre d'excuses (^). Simonetta travailla de nouveau contre ses collègues qui, tout naturellement, le détestaient. Gonzague vit avec colère que des évéques et des moines qu'on croyait être les hommes de confiance du pape à Trente, l'y représentaient hautement et publiquement comme étant en pleine disgrâce auprès du pontife (^). En attendant sa démission, il se tenait éloigné des réunions du concile, sous prétexte de santé. Seripando qui n'était presque pas moins maltraité par les Romains, avait rintention de se rendre à Rome pour justifier sa

(M Les pièces originales de cette correspondance sont imprimées dans les Documentos ineditos, l IX, p. 226-227 ; elles modifient h plusieurs égards le récit de PaUotto,

(') Lk Plat, t. V, p. 199 ss.

(•) Lettre de Mantoue à Arrivabene, son chargé d'affaires h Rome, du 6 juillet Xhàt ; MusoTTi, p. 396 s.

conduite (^). Le concile entier menaçait de tomber en pièces. Les membres les plus influents du parti indépendant parmi les Italiens, tels que Beccadelli, archevêque de Raguse, Calino, archevêque de Zara, Foscarari, évêque deModène — qui pour cette raison perdit Tespoir du chapeau de cardinal qu'on lui avait promis — furent exhortés par leurs amis de Rome à abandonner leurs opinions, ** parce que les grands personnages en étaient fort peu contents ^(^), c'est-à-dire pour ne pas compromettre leur avancement futur. On reprocha à ces évêques de faire des conciliabules, de se conjurer clandestinement contre le saint-siège, d'ourdir des trames de toute sorte. Un des ambassadeurs de Tempereur, 1 evêque des Cinq-Eglises, George Drascovics, fut même si vivement attaqué à cause de son discours trop franc sur le devoir de résidence qu'il demanda à l'empereur la permission de partir de Trente (^). Les évêques, au contraire, qui avaient opiné contre le caractère divin de la résidence, furent comblés d'éloges et eurent la promesse d'obtenir, après la fin du concile, une digne récompense de leurs mérites. Us purent se permettre les plus graves injures, les provocations les plus outrageantes, tandis qu'on ne permettait à leurs adversaires qu'un départ précipité (*). Et on parlait toujours avec emphase d'un concile libre!

(') MusOTTi, p. 20 : Seripando voulait envoyer Musotti h Rome pour l'annoncer.

(■) Lettres de Morone à BeecadelU, 20 juin, et de Foscarari a Morone, 18 mars; MonumenH de Beccadelli (Bologne 1797), t I, p. 327 ss.

(•) SlCKBL, p. 324 s,

(*) Lettre de Carchev, de Zara au card. Cornaro, 16-25 mai, 22 juin ; Baluzi- Mansi, t. IV. p. 232 ss. 240 s.

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