‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 17 sur 215 · LES CONCILES DU X\^ SIÈCLE; LE MYSTICISME · texte numérisé non relu

LES CONCILES DU X\^ SIÈCLE; LE MYSTICISME

générale, m capite et 7nenibris^ ])cndant la prcinicre moitié du XV^ siècle : à Fisc, à Constance et à Baie. Malheureusement en combattant les abus, on combattait le chef suprême de TEglise, le souverain pontife, qui tirait de ces mauvaises coutumes le plus clair de ses revenus. Par conséquent la papauté se montra constamment opposée aux conciles et à la réforme, et la lutte qui éclata avec violence entre les deux partis de l'Eglise, se termina par une défaite générale et complète de la faction réformatrice et favorable aux conciles.

Ce fut là pour la papauté une véritable victoire de Pyrrhus. L'issue malheureuse du mouvement des conciles avait montré l'impossibilité d'une réforme modérée dans l'Eglise et par l'Eglise. En désespoir de cause, tout ce qui aspirait à changer une situation morale et religieuse réellement intolérable, s'abandonna aux tendances dirigées vers une révolution dogmatique, vers des innovations complètes et radicales. Ce fut, en même temps un exemple fâcheux pour l'Église romaine (ju'en Bohême et en, Moravie elle dût reconnaître elle-même par un traité formel le triomphe d'une hérésie, celle des Hussites. Ces opinions, rendues populaires par le succès, se répandirent alors dans l'Allemagne entière, malgré les persécutions qu'elles avaient sans cesse à subir dans ce dernier pays. En Bohême, les Frères moraves allèrent encore plus loin que les Hussites, en rejetant particulièrement tout ordre de prêtrise.

D'un autre coté, le mysticisme, avec ses penchants plus ou moins ouvertement panthéistes, combattait l'Église officielle, sa piété dégénérée en pur formalisme, ses pompes extérieures sans âme ni conviction, son espérance exclu-

sive dans les bonnes œuvres. Les doctrines du mysticisme étaient bien plus profondes et plus émouvantes. L'union avec Dieu par Tamour ardent de Dieu qui nous remplit entièrement de l'essence divine même, qui détruit notre propre individualité pour nous dissoudre en Dieu — voilà le principe fondamental de ce mysticisme des XIV® et XV® siècles. Dans TAllemagne entière, les "amis deDieu„ de Nicolas de Bâlc et de Jean Ruysbroek prêchaient ces doctrines. Aux Pays-Bas, Gérard Groot fonda la "Congrégation des Frères de la vie commune „, qui s'étendit rapidement sur toutes les provinces néerlandaises où les

Béghards lui avaient déjà préparé le terrain.

Peut-être TEglise eût-elle encore pu tenir tête à tous ces adversaires, si elle n'avait été livrée elle-même à une crise de dissolution intérieure par suite de l'influence de la Renaissance et de l'Humanisme. Sous les papes Eugène IV, Nicolas V, Pie II, la Renaissance prit possession du siège de St-Pierre. Déjà le premier de ces pontifes avait attiré les érudits à Rome pour qu'ils rédigeassent ses pamphlets et ses bulles contre les pères du concile de Baie; comme récompense il avait distribué à ces payens, sectateurs de Platon, des bénéfices ecclésiastiques et même des évêchès. Son successeur Nicolas V avait été lui-même autrefois, quand il se nommait encore Thomas de Sarzane, un des humanistes les plus savants et les plus zélés de son époque. Devenu pape, il employa les trésors immenses que la curie avait l'habitude d'extorquer au monde chrétien, à construire des palais somptueux en style classique, à entretenir des hommes de lettres, même des adversaires de l'Eglise comme Laurent Valla, ou des railleurs sceptiques comme Filclfc; à établir une

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