‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 181 sur 215 · I/OPPOSITION · texte numérisé non relu

I/OPPOSITION

Le véritable centre des affaires ecclésiastiques dans ce moment n'était pas Trente, c'était Innsbruck. Le roi des Romains, le duc de Bavière, le cardinal Madruzzo, Tarchevêque de Salzbourg s'y trouvaient également pour discuter les questions religieuses. L'évêque des Cinq- Eglises y était allé immédiatement pour faire à l'empereur un rapport fidèle. Mais Ferdinand, dans cet instant décisif, ne sut pas encore prendre de résolution. Selon la coutume des politiques faibles, il forma de nouveau une commission où se trouvèrent réunis les éléments les plus divers (^). Naturellement, ces différents personnages y discutèrent à perte de vue sur le chemin qu'il fallait suivre pour arriver à un résultat heureux avec le concile. A cette grande assemblée se joignait encore le cardinal de Lorraine. Les amis de Rome n'attendaient rien de bon de toutes ces délibérations Q. Dans un mémoire présenté à Tempereur le 22 février (^), Lorraine désigna quatre faits comme étant les principaux obstacles à lefficacité du concile : le premier, que seules les matières déjà approuvées à Rome fussent réellement décidées à Trente ; le second, que la nation italienne, qui avait autant d'évêques que les autres nations de doyens, l'emportât sur toutes les autres au vote ; le troisième, que les légats s'arrogeassent exclusivement le droit de proposition ; et, enfin, qu'un seul notaire, en l'honnêteté duquel on avait même peu de confiance, rédigeait les

(') Voir sur ces événements Sickel, p. 431 ss. qui redresse les erreure commises par Sarpi et par Pai.lavicini.

(■) Mémoire de llsconti pour le cardinal Borronice, Baluze-Mansi, t. ITT, p. 440.

(•) Sickel, p. 434 s.

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