‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 183 sur 215 · PROPOSITIONS DE FERDINAND I · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS DE FERDINAND I

inutiles, mais qu'il ne souffrirait pas non plus qu'aux dépens du concile et de Tépiscopat, le pontife agrandît sa puissance.

Mais la cour romaine était résolue à ne pas céder devant cette attaque simultanée du parti indépendant du concile et des princes temporels. Elle savait très bien que la réunion du synode général était une circonstance décisive pour sa propre grandeur, pour son influence et sa position matérielle. Elle savait, en outre, qu'aussi longtemps qu'on voudrait rester catholique, on ne pourrait pas se séparer résolument de la papauté, seul centre de ralliement pour les fidèles contre les hostilités des hérétiques. Est-ce que Ferdinand et Charles IX pouvaient réellement lutter contre le souverain pontife au même moment où ils combattaient les luthériens et les calvinistes ? C'était au fond impossible. Là était le côté faible du parti de la réforme ; la curie le connaissait et s'en autorisait pour s'opposer radicalement à tous les essais de diminuer son prestige et son autorité. Pour l'instant du moins^ il fallait renoncer à l'idée de dissoudre le concile ; mais toutes les réclamations de l'empereur restèrent parfaitement stériles. Les légats lui répondirent — non sans raison — que le retard apporté aux délibérations n'était pas de leur faute, mais de celle de quelques pères qui avaient mis en avant des points théoriques litigieux parfaitement inutiles, et — avec moins de raison — que le concile ne pourrait pas être plus libre, s'il était réuni au milieu de la Saxe. Ils déclarèrent que, chaque fois qu'il s'agissait de l'autorité et de la dignité du siège apostolique, ils étaient obligés de le consulter avant la résolution définitive. Pie IV lui-même usa de toute sorte

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