‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 184 sur 215 · L'OPPOSITION · texte numérisé non relu

L'OPPOSITION

de subterfuges devant Tambassadeur impérial. Si l'empereur voulait peser par la force sur les délibérations du concile, la cour romaine était décidée à recourir aux mesures extrêmes. Elle résolut de transférer alors le concile à Bologne; elle fortifia en même temps le château Saint-Ange et leva des troupes pour donner aux décisions du pape Tappui matériel nécessaire Q. Le pontife, par un projet de lettre du 1 8 mars, protestait avec force contre l'intention qu'on lui attribuait de dissoudre ou de suspendre le concile. Il alléguait les réformes sérieuses, introduites par lui-même dans sa cour, pour démontrer sa ferme résolution de travailler à la restauration de l'édifice ecclésiastique. Il prétendait qu'il lui était trop difficile d'aller à Trente, et invitait l'empereur à se rendre avec le concile à Bologne, où il obtiendrait la couronne impériale et un pouvoir égal à celui du pontife même. Par une réponse secrète, il promettait que, pour la nomination de cardinaux nouveaux, il se dirigerait désormais d'après les conseils de la lettre impériale et, pour la nomination des évêques, d'après les décrets du concile. C'étaient là du moins quelques concessions, mais peu importantes et assez vagues. En réfléchissant plus mûrement à la situation des affaires, la curie crut que cela était encore trop. On espérait gagner à meilleur marché le faible empereur. On n'expédia donc pas les deux lettres : le pape se contenta d'un bref fort laconique par lequel il lui annonçait l'arrivée prochaine à la cour impériale d'un cardinal, chargé d'aplanir toutes les difficultés (*).

(') SlCKEL, p. 452 ss.

(•) PALLâVICINI, XX, 8, 8.

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