‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 187 sur 215 · Chapitre vil · texte numérisé non relu

Chapitre vil

Victoire de la curie romaine. — Fin du concile.

Voyage de Morone à Innsbruck. — Situation difficile du pape. — II est sauvé par le manque d'union entre les puissances temporelles. — Faiblesse de l'empereur; il se laisse gagner, par des promesses, k soutenir le parti papal au concile. — Triomphe des légats. — Reproches universelles adressées h l'empereur. — L'opposition cède; victoire du parti papal. — Arrivée de l'ambassadeur espagnol Luna et altercations qui s'ensuivent avec la France et avec le pape. — Institution des séminaires épiscopaux. — Renouvellement de la lutte entre Français et Espagnols d'un côté, et le parti de la curie de l'autre. — Celle-ci gagne le cardinal de Lorraine qui trahit son gouvernement. — Les évêques français passent à la majorité papale : la conclusion prochaine du concile est décidée. — Le sacrement du mariage. — Canons de la réforme générale : empiétements sur les droits des pouvoirs temporels ; ceux-ci protestent. — Les ambassadeurs français se retirent du concile. — La curie hostile à quelques-uns des articles de la réforme générale, — Le roi d'Espagne prend en main cette réforme très modérée, — Les Espagnols seuls ont quelques succès contre la résistance du parti de la curie. — On travaille à clore les séances du concile ; Luna s'y oppose. — Modération

. des prétentions cléricales contre les pouvoirs temporels. — On feint une maladie grave du pape pour amener la fin du concile. — Dernière séance et ses décisions. — Séparation définitive du concile.

Morone partit immédiatement pourTrente. Le 13 avril, il y prononça son discours d'introduction où, naturellement, il émit des sentiments de conciliation et de la bonne volonté — et puis il repartit sans retard pour Innsbruck, rejoindre l'empereur. Il hâtait ce voyage, parce que le jésuite Canisius qui s'était introduit dans la commission de réforme de Ferdinand, seulement pour y servir d'espion à

la cour romaine, envoyait des messages de plus en plus anxieux sur la disposition et les intentions de Tempereur Q), Et pourtant le pape avait d'autant plus besoin de l'appui de Ferdinand que de toutes parts on l'attaquait, le menaçait, lui adressait des réclamations auxquelles il était résolu d'avance à ne pas céder. Le gouvernement français venait précisément d'envoyer à Trente le président Birague , pour proposer formellement la translation du concile dans une ville rhénane de l'Allemagne méridionale ; Allègre avait été dépêché à Rome et Doysel à Madrid dans le même but (^. Jamais Pie n'aurait permis la translation du synode dans un pays où les catholiques mêmes étaient portés à la révolte contre le saint-siège et à l'introduction de réformes étendues et profondes dans la hiérarchie.

Des difficultés d'un autre genre se présentèrent de la part de l'Espagne.

Philippe II venait de dépêcher à Rome — mars 1563 — D. Louis de Zuniga, grand commandeur de Castille, pour servir, comme second ambassadeur, à côté de Vargas qui avait excité si souvent la colère du saint-père. Dans l'instruction principale qu'il lui avait donnée f), le roi, en opposition directe avec les intentions bien connues du pape, insistait sur la nécessité d'une longue durée du concile, pour que toutes les doctrines nécessaires de la foi fussent traitées et exposées avec

(') Aymon, Lettres et mémoires de Viscouti ; t. 1. p. 34.

I (•) Instr. pour Birague, 15 avril- Le Plat, t. VI, p. 10 ss; cf. p. 31

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