‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 190 sur 215 · TRIOMPHE DES LÉGATS · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DES LÉGATS

à Innsbruck ** avait laisse tomber le masque et avoué que la curie romaine ne voulait aucune réforme sérieuse. Et pourtant, son père avait cédé au cardinal en toutes choses! „ 11 priait donc instamment Ferdinand de ne plus prendre d'égards pour un concile stérile et un pape opiniâtre, et d'accorder enfin aux peuples impatients de TAutriche les réformes promises depuis longtemps Q. Nulle part, en dehors de Tltalie, on n'avait plus d'opinion favorable sur les délibérations de Trente !

Aussitôt que Morone y était revenu, on avait recommencé plus sérieusement les travaux interrompus depuis quatre mois. I^e premier président avait dû reprendre la discussion difficile de l'institution divine directe de Tépiscopat, et l'avait discutée dans des conférences particulières des cardinaux, des ambassadeurs et des prélats principaux. Il y eut là encore des scènes violentes entre Italiens et Français, surtout au sujet du huitième canon, qui traitait de la suprématie papale Q. Cependant peu à peu, comme on discutait ses sujets déjà depuis plusieurs mois, une certaine fatigue se fit sentir et avec elle le désir de mettre tout simplement de côté les points litigieux. Il est vrai que pour arriver à un tel résultat on aurait pu s'épargner les travaux et les luttes d'une année presqu'entière ! On se contenta donc de définir, par le sixième canon de l'ordre, la nécessité de la hiérarchie; par le septième, le pouvoir légal des évêques; par le huitième, la légitimité des évêques approuvés

0) 24 mai 1563 ; Bucholtz, t. IX, p, 689 ss.

(") Lettre de Parchev. de Zara au card. Comaro, 7 juin ; p. 315.

par le pape. II y eut alors quelques querelles encore sur les mots. Les Elspagnols désirèrent sauver au moins les apparences, en désignant expressément, au sixième canon, la hiérarchie comme ** instituée par le Christ, ^ tandis que les légats ne voulaient admettre que la formule vague et insignifiante ** par la Providence di* vîne „ (^). Enfin, à la veille de la session publique, les Espagnols cédèrent encore, contre la promesse qu'à la fin du concile on énoncerait le caractère divin de Tépiscopat, ce que les légats approuvèrent à la condition qu'on y définirait en même temps et d'une manière suffisante l'autorité du pape sur les évéques. Le décret sur la résidence des évêques fut de même rendu acceptable, par le fait qu'on laissa tout simplement de côté la question de savoir de quel droit était cette résidence. On avait donc discuté pendant dix mois sans aucun résultat positif

Le saint-père était tellement satisfait de la tournure que les choses avaient prises au concile, après la défection de l'empereur, qu'il fit envers l'assemblée une démarche exceptionnelle de condescendance. Le 24 juin, il avait proposé aux cardinaux cinq canons sur la réforme du sacré-collège. D'après ce projet le nombre des cardinaux ne serait jamais trop grand et ne serait complété que par des hommes d'un âge canonique. Jamais on ne devait recevoir au sacré-collège le frère d'un cardinal vivant encore. On leur prescrivait une conduite exemplaire et l'administration soigneuse des églises qui leur seraient confiées. Aucun cardinal ne pouvait obtenir plus

(•) Palkotta, p. 622 ss.

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