‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 193 sur 215 · LES SÉMINAIRES ÉPISCOPAUX · texte numérisé non relu

LES SÉMINAIRES ÉPISCOPAUX

victoire des tendiinces papales ne pouvait être évidemment qu'une question de temps !

Le concile n'avait plus à discuter pour le moment que les canons relatifs aux abus dans l'administration de l'ordre de prêtrise. Ils étaient, il est vrai, d'une haute importance. Le premier statuait qu'on ne devait élire évcque que celui qui était ou suffisamment connu au lieu de son activité future ou recommandé par plusieurs évêques le connaissant personnellement. De même, le pape ne devrait instituer un évcque élu qu'après avoir soumis sa vie et ses capacités à l'examen de quatre cardinaux. Le deuxième et le troisième obligeaient Tévêque d'entrer en fonctions six mois après sa nomination, et d'administrer conscienscieusement son diocèse. Le quatrième défendait, à quelques exceptions près, de nommer des évêques in partibus in fidelium. Les autres s'occupaient des abbés et du bas clergé, sur lequel ils renforçaient considérablement la surveillance épiscopale. Le dernier canon, le plus important et le plus efficace, a peut-être plus fait pour la restauration du catholicisme que tous les autres décrets du synode de Trente ensemble. C'était celui qui commandait d'ériger dans chaque diocèse un séminaire pour l'éducation et l'instruction des jeunes prêtres. On a dit, non sans raison, en se plaçant au point de vue catholique : que si du saint concile il n'était résulté aucun autre fruit que ce canon, cela suffirait pour rendre l'assemblée extrêmement utile et féconde.

Mais dès qu'il s'agissait des intérêts de la cour romaine, les pères du concile, malgré des déclarations pompeuses, finissaient toujours par céder complète-

mentQ. La discussion s'engagea surtout sur le premier canon— Télection des évêques — et sur le quatrième — l'abolition des évêques titulaires. Le cardinal de Lorraine voulait exclure en général le pape de toute ingérence dans l'élection des évêques ; il nomma les évêques titulaires " des monstres „ dont le nom était déjà un mensonge. Ce sont en effet des prélats désignés et payés exclusivement par le pape et, en conséquence, toujours et partout ses serviteurs les plus dévoués. D'autres pères les appelèrent même " des monstres pernicieux „, et opinèrent qu'ils avaient été inventés par l'artifice du diable. De telles paroles aigrirent les papistes^ de sorte qu'on échangea de nouveau des paroles acerbes. Ce fut alors que le roi des Romains conseilla à son père de quitter Innsbruck, le concile ne donnant aucun espoir de réformes (^). On demanda pour les évêques les anciens privilèges, l'ancienne indépendance. Le représentant de Tempereur ne se gêna pas pour dire, qu'à la cour romaine on ne s'inquiétât, dans l'approbation des évêques, que des sportules réglementaires et des cadeaux pour les serviteurs, les ostiaires et beaucoup d'autres hommes de ce genre. Le cardinal de Lorraine dit à Morone qu'il ne fallait proposer que des réformes réellement capables de détruire les abus, et qu'il ne se contenterait pas de moins. Les Espagnols s'écrièrent qu'ils ne quitteraient pas le concile, quand même ils y devraient vieillir et mourir, avant qu'on n'eût fait de telles institutions que les plaies

(*) Voir sur ces discussions, Paleotto, p. 651 ss.

(•) Reimann dans les Forschungen zur cUutschen GeschUkte, t. VIII (1868), p. 13.

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