‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 200 sur 215 · LES ESPA(4N0LS MONTRENT DE T.A VIGUEUR · texte numérisé non relu

LES ESPA(4N0LS MONTRENT DE T.A VIGUEUR

accusa directement de fraude les membres de là commission C), " Ils ont introduit, disait-il, dans les articles des choses complètement opposées aux volontés du concile. La majorité de la commission se compose d'Italiens, de sorte que tout est décidé d'après la volonté d'une seule nation. La députation devrait être, formée selon la justice, de toutes les nations, et elle ne devrait pas travailler sous la surveillance et la direction continuelle des légats — autrement le concile n'est pas libre et il faut que je proteste contre ses agissements. „ — L évêque d'Orense ajouta à ces paroles : " Dans ce concile, on n'a aucun égard pour les ambassadeurs des princes et pour les nations non-italiennes. Il vaudrait mieux pour nous ne pas y être venus, que d' y assister seulement comme témoins. „ L'évêque de Vigo ne se prononça pas moins vigoureusement : " Les décrets sont défigurés de leur sens primitif et n'ont maintenant aucune valeur. „ En même temps, les Espagnols protestèrent tous contre la clause proposée par les légats : ** sans préjudice de l'autorité papale, „ qui détruisait d'avance toute la réforme. Ils ajoutèrent que le pape avait la juridiction suprême, non pas pour l'employer mal, mais pour l'appliquer au bien de TEglise.

Comme cette résistance des Espagnols trouva un écho auprès de quelques Italiens et de la plupart des Français, le parti romain dut céder en effet. La commission qui avouait elle-même avoir formulé bien des choses contre la volonté de la majorité des pères (^), dut rayer la plus

(') Thrinsk. II, p. 444 ss.

(*) Mrndoza, p. 156. Nous savons que Mendoza appartient au parti papal.

grande partie de ses changements anodins. Plus encore, le premier président qui, jusqu'alors, s'était énergiquement opposé à toute concession, même en offrant sa démission, et après lui tout le synode, déclarèrent, pour satisfaire le roi d'Espagne : que par les mots " sur la proposition des légats „ on ne voulait nullement établir un préjudice contre la liberté du concile, ni introduire un nouveau privilège pour personne, ni priver qui que ce soit d'un ancien droit. Philippe II et ses prélats l'avaient donc emporté aussi sur ce point important.

Ainsi, les plus grandes difficultés étaient pour le moment ou écartées ou du moins ajournées, et on put célébrer, le 1 1 novembre 1563, la huitième — 24"" — session du concile. Cependant elle n'offrit point un spectacle agréable et édifiant. Deux des -légats présidents et plus de cinquante prélats y votèrent contre le décret invalidant les mariages secrets. Au dernier moment, la majorité demanda encore une plus grande indépendance des évêques vis-à-vis des archevêques, de sorte qu'il fallait changer dans ce sens les 21 articles de réforme. Les autres quatorze articles, de 22 à 35, furent réservés à la session prochaine.

Le pape désirait vivement qu'elle fût la dernière du synode général. Déjà aîi mois de septembre, les légats lui avaient fait expliquer, par Tévéque de Vintimille, les raisons qui en conseillaient la clôture prochaine Q) : la longue absence des évêques de leurs églises ; les grandes dépenses de la caisse pontificale; l'irritation et l'insolence croissantes des prélats; la tendance des princes à poursuivre

(•) Raynaldi ad. an. 1563. nr. 156.

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