OX TRAVAILLE A CLORE LES SÉANCES
leurs propres buts sous prétexte du concile. Ils avaient ajouté que surtout l'ingérence et les exigences continuelles de r ambassadeur d'Espagne étaient insupportables. Pie IV souhaitait lui aussi d'être débarrassé du concile après les réformes indispensables. Le 14 octobre, il avait envoyé aux légats les pouvoirs nécessaires pour le terminer quand ils le jugeraient à propos C). Pour faire approuver cette décision, il écrivit, le 22 octobre, à l'empereur, Morone s'adressa au roi Maximilien, et Visconti, évêque de Vintimille, fut envoyé à Madrid. L'empereur abandonna encore une fois son neveu d'Espagne et commanda à ses ambassadeurs d'obtempérer au désir des légats. 11 adressa même des lettres dans ce sens au comte de Luna et directement à Philippe II. C'était maintenant le serviteur le plus zélé de la curie romaine (^). Mais la nation allemande ne suivait pas Ferdinand dans sa nouvelle conduite vis-à-vis du concile. Depuis longtemps, elle s'était détournée avec indifférence du synode général dont elle n'espérait plus rien de salutaire. La curie, au contraire, était enchantée des procédés de Tempereur. Le pape et Morone lui firent parvenir les remercîments les plus chaleureux-. Ce fut le nonce apostolique à Vienne, qui dicta lui-même les instructions adressées aux orateurs impériaux à Trente. Le revirement complet du gouvernement impérial s'explique aussi par le fait que le vice-chancelier de l'empire, Seld, avait cédé une partie importante des affaires au vice-chancelier de la cour, Jean-Baptiste Weber, qui s'était laissé gagner
(') Pallayicini, XXni, 6, ^.
(•) SiCKF.L. p. 628 ss. — Dôi.LiNGER, Beitraei(c, t. I, p. 508.
par des faveurs ou des présents de la part du nonce. Voilà les gens qui avaient voulu vaincre la curie et procurer une réforme foncière à la chrétienté !
Le 1 3 novembre, les légats convoquèrent une congrégation particulière de vingt-cinq prélats éminents et ambassadeurs de toutes les nations, pour leur recommander la clôture prochaine du concile. Immédiatement, le cardinal de Lorraine prononça un long discours en faveur de cette proposition, en désobéissant formellement aux ordres de son roi, qui venait justement de lui commander de faire délibérer auparavant sur le libelle de réforme français Q), Il dit, que le concile avait été convoqué principalement à la requête du roi de France, et que si Tempereur et le roi catholique y avaient consenti, c'était seulement pour condescendre à sa demande. Or le roi l'avait faite pour éviter un synode national, qui eût pu amener la séparation de son pays de TEglise. Maintenant, à cause de la longueur du concile général, les Français importunaient de nouveau leur roi pour avoir un synode national, qui serait la ruine totale de la religion dans ce royaume. C'est pourquoi Lorraine suppliait les légats et les pères de mettre bientôt fin au concile, s'ils voulaient retenir le pays de France dans la religion catholique. — Nous n'avons pas besoin de le dire : ce discours, du commencement jusqu'à la fin, était un tissu de mensonges. 11 n'y avait pas un mot de vrai dans tout ce que le cardinal avançait. Mais ses paroles firent une pro-
f^) Lt-ttre de l'évt^que de Namur à Marguerite de Parme, 15 novembre. Ont^mû/ aux arcliive,^ lu Royaume, Bruxelles.