ROME FAIT QUELQIES CONCESSIONS
fonde impression sur rassemblée dont la majorité était gagnée d'avance à Tidée de terminer ses travaux aussi vite que possible. Les Espagnols mêmes n'osèrent pas le contredire. On établit trois commissions, composées chacune de cinq évéques et de cinq théologiens, pour rédiger encore en toute hâte les canons les plus nécessaires sur le purgatoire, les indulgences, la vénération des images et des saints.
Mais Tobjet le plus important des discussions ultétérieures, c'étaient les quatorze articles de réforme restant encore, et principalement le dernier qui se rapportait aux princes temporels. Le gouvernement français se prononça encore une fois de la manière la plus vigoureuse contre cet article, par une dépêche du 9 novembre, adressée au cardinal de Lorraine, qui, après la retraite des ambassadeurs français à Venise, était son unique représentant à Trente, et dont on ne connaissait pas encore à Paris les perfides agissements. De même, Luna et les orateurs de l'empereur et de Venise s'y opposaient avec instance. Ces gouvernements s'étaient aussi adressés directement au pape pour obtenir une modification radicale de cet article. Il était impossible au saintpère de se brouiller avec tous les souverains catholiques. Il désirait vivement, en outre, la fin du concile qui aurait été retardée par l'opposition des prélats espagnols et français ainsi que des ambassadeurs, contre cet article 35. Il préféra donc ordonner définitivement aux légats et à tous les prélats de leur parti d'obtempérer aux désirs des puissances séculières. Kn conséquence, ce canon menaçant fut affaibli jusqu'à ne plus être qu'une formule inoffensive, qui n'avait d'autre but que de masquer Convenable-
ment la retraite de la majorité du concile. En trois jours, la discussion des quatorze articles de réforme était terminée, " de manière, dit le cardinal Paleotto, que plusieurs choses semblaient à quelques-uns être plutôt précipitées qu'examinées. „ Il tardait à tout le monde d'en finir avec ce long synode, réuni déjà depuis dix-huit ans.
On délibéra avec plus de rapidité encore sur six nouveaux canons disciplinaires, qui prescrivaient une vie simple et austère aux évêques et cardinaux, limitaient les excommunications, imposaient le paiement régulier des dîmes ecclésiastiques, etc. Et Ton définit vingt-trois canons sur la réforme du clergé régulier, six sur les couvents de femmes ; toutes choses qui furent terminées en six congrégations générales.
Aucun obstacle ne semblait donc plus s'opposer à la clôture du concile : lorsque subitement le comte de Luna renouvela sa résistance, et d'une manière plus violente que jamais. Il alléguait que, d'une part, la notification de la volonté de son roi quant à la clôture du concile n'était pas encore arrivée à Trente, et qu'il serait malséant de passer outre sans la connaître; et que d'autre part, il était indigne — et ici il n'avait pas tout à fait tort — de terminer en quelques jours, sans préparation indispensable, les décrets qui restaient à définir sur le purgatoire, les saints, les indulgences, tous traitant de matières très difficiles et fort contestées. Il demanda donc de remettre la prochaine session au deuxième jour ' après Nocl.
Les légats furent atterrés par cette démarche de 1* Espagnol. Ils venaient précisément de recevoir, de la part