‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 208 sur 215 · VENISE; LE PORTUGAL · texte numérisé non relu

VENISE; LE PORTUGAL

omîtes du concile, qui réserve aux ordinaires la juridiction ecclésiastique de première instance et, par conséquent, défend aux légats apostoliques de s'en mêler, ne fut pas reçu en Sicile, où, d'après des privilèges pontificaux,. le roi était légat né du saint-siège. Là, après comme avant le concile, le roi attira devant ses tribunaux tous les procès ecclésiastiques déjà en première instance. Tandis qu'en Espagne, en se basant sur le concile, il défendait strictement au nonce du pape cette ingérence dans la juridiction des évéques, en Sicile il n'hésitait point lui-même, quoique laïque, à violer constamment les prescriptions du concile. La défense du cumul des bénéfices ne fut non plus observée dans aucune partie de l'empire espagnol, parce qu'elle était contraire au droit royal de patronage. En général, tous les gouverneurs des provinces et vice-rois furent chargés de n'admettre aucune innovation hiérarchique ou religieuse par suite des règlements de Trente (^).

Ce fut à cette même condition que la république de Venise les accepta. Il est vrai qu'elle fit, dès l'année 1564, un acte d'obéissance envers l'Eglise ce qui lui valut de la part de Pie IV de pompeux éloges et unsplendide cadeau, celui du magnifique palais construit par Paul II et habité aujourd hui par l'ambassade d'Autriche. Mais, comme l'Espagne, la république réserva ses usages anciens et tous ses droits de souveraineté (*) .

Le roi de Portugal, Sébastien, élevé par les jésuites et

(') Pour les difficultés nombreuses que la réception du concile de Trente rencontra aux Pays-Bas et en Franche-Comté, voir Le Plat, t. VU. 1. Nous ne pouvons pas entrer ici dans ces détails qui rendraient notre travail fort fastidieux.

(*) MoROSiin, Histor. Vmet, lib. Vm, p. 324. — Migkot, t. I, p. 22.

598 ' conséqurnlES du concile.

complètement dévoué au parti papal fanatique, ne mit aucune condition à la réception des décrets conciliaires; à rimmensejoie du souverain pontife, il lui notifia cette décision par une lettre enthousiaste du 2 octobre 1564 (^).

Pour le royaume plus important de Pologne, le pape avait eu beaucoup de craintes. En effet, les protestants jouissaient dans ce pays d'une grande influence, et 1 archevêque-primat de Gnesne n'était pas lui-même fort éloigné de leurs idées. Heureusement pour TÉglise, le roi Sigismond-Auguste était partisan dévoué de Rome. Le nonce Commendone se servit habilement de lui pour empêcher la réunion d'un concile national, convoqué par le primat, et pour faire accepter, par une sorte de surprise, à la diète de Varsovie, en 1564, les décrets du concile sans aucune restriction Q. Ce fut un sujet de grande joie pour Pie IV.

Son succès fut bien moins grand en Ecosse. II avait envoyé les résolutions de Trente à la reine Marie Stuart et à Tarchevêque de Saint-André. Mais les troubles politiques et religieux qui éclatèrent immédiatement après dans ce pays, empêchèrent leur réception (^) ; et bientôt l'Ecosse fut définitivement perdue pour l'Eglise.

Finissons par les cantons catholiques d'Helvétie. Ces petits cantons, sept en tout, se soumirent aux décisions du concile, mais en déclarant qu'ils ne feraient rien pour les imposera d'autres et surtout aux grands cantons protestants de la Suisse.

(') PALLAvicim. XXIV, 9, 15.

(') GraziANI, Vita di Commetuiopu, liv. Il, ch. 10. 11. — Rays\ldi. ad. an. 1564, nr. 45. 46.

(■) MiGSOT, t. 1, p. 121.

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