CLERGÉ SOUMIS AL'X ÉVÊQUES
seul le droit d'expliquer les décrets du synode (sess. XXV, Varia décréta). Pie IV, naturellement, s'empressa de s'assurer ce privilège. Il dit, dans la bulle Benedictus Deus, du 26 janvier 1 564 : " Nous défendons aux prélats, sous peine d'exclusion de leur église, aux autres sous peine d'excommunication, que nul n'ose publier, sans notre autorisation, de quelque manière que ce soit, des commentaires, gloses, annotations ou scolies ou autre genre d'interprétations sur les décrets de ce concile, ni ne statue rien, sous quelque prétexte que ce soit, même sous celui de corroborer ou d'exécuter d'autant mieux les décrets. Car nous nous réservons les difficultés et controverses qui pourraient naître des décrets précités, pour les expliquer et en décider, comme le saint synode l'a ordonné lui-même. „ Il est clair que, du moment où quelqu'un se serait appuyé sur un décret du concile de Trente pour attaquer ou invalider une résolution du pape, celui-ci aurait pu lui répondre : " Mais c'est moi seul qui ait à expliquer les décrets de Trente, et je les comprends et explique de la manière dont j'ai agi, et malheur à celui qui ne s'y soumet pas „ . Par cela même, l'œuvre tout entière du concile était placée, au fond, sous le bon plaisir du souverain pontife.
Les liens de la hiérarchie étaient donc resserrés dans toute l'organisation catholique. Et tous les fils se réunissaient en dernière instance entre les mains du pape qui, ayant perdu quelques-unes de ses sources de revenus, secondaires du reste et de peu d'importance, se voyait en revanche beaucoup plus, que depuis trois siècles et demi, le véritable maître de l'Eglise. Un esprit d'autorité d'un côté, de subordination de l'autre, devait remplir cet
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immense édifice. Il est vrai que les successeurs de Pic IV furent des papes convaincus, religieux, de mœurs austères, donnant le bon exemple à FEglise et renforçant,
< par leur influence morale légitime, leur influence hiérar-
chique et disciplinaire. La conduite personnelle, irrépro-
i chable et sévère, des papes et de leur entourage produisit
une impression profonde sur les catholiques ; elle les gagna
i de plus en plus à la cause de Rome et les encouragea
dans la lutte contre les hérétiques. Le concile de Trente a changé ainsi la papauté elle-même à son profit et au profit de la communauté catholique.
L'Eglise entière prit un autre aspect ; elle fut réellement réformée par le concile de Trente. La plus importante de toutes ses mesures fut certainement la création des séminaires épiscopaux (sess. XXIII, de Ref c. 18). Toute église cathédrale, dans la proportion de ses revenus et de rétendue du diocèse, était tenue d'élever un certain nombre de jeunes gens de la ville ou de la province dans un séminaire, pour les former aux fonctions ecclésiastiques. Le décret disait expressément qu'il fallait les prendre jeunes encore, pour les accoutumer à fuir les voluptés du monde, avant que l'habitude des vices n'eût pris possession de Thomme entier. Cette institution avait donc surtout un but disciplinaire et moral. Les pauvres y étaient reçus de préférence et gratuitement ; les riches qui voulaient y entrer, devaient payer. On donnait immédiatement aux élèves la tonsure et les vêtements cléricaux. Si le séminaire ne pouvait être défrayé autrement, on prélevait une certaine somme sur tous les bénéfices ecclésiastiques et les monastères, à commencer par la mense épiscopale. Dans les