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LES JÉSUITES ET LES PA^S-BAS

l'Espagne. Alors de ces deux grandes Universités, autrefois leurs adversaires, maintenant soumises à leur irrésistible ascendant sur resj3rit de la nation espagnole, ils se répandirent rapidement sur l'Espagne entière.

Déjà, dans les premières années de Texistence de Tordre, I^oyola avait fait étudier de jeunes jésuites à la célèbre Université de Louvain, tout comme à l'Université de Paris. La Compagnie devait en imposer au monde entier par la science de ses membres, à laquelle ils joindraient, par un contraste d'autant plus frappant, la pauvreté personnelle et l'austérité absolue des mœurs. En 1543, dixneuf jeunes gens des meilleures familles de Louvain avaient été enrôlés par Le Fèvre parmi les membres de l'ordre : neuf d'cntr'eux furent envovés en Portuo:al ; les autres testèrent à Louvain pour être réunis plus tard, sur I ordre du Général, dans une maison commune et soumis à un Recteur. D'abord ils furent en butte aux attaques des professeurs de XAlrna matery qui craignaient l'esprit envahissant de la nouvelle Compagnie. Malgré cela ils s'agrandirent à leur manière, lentement, peu à peu, sans beaucoup de bruit ; car leur ordre n'était pas encore officiellement admis aux Pays-Bas. L'évèque de Cambrai, Robert de Croy, interdisait même aux jésuites, en L354, les fonctions ecclésicistiques dans son diocèse, et tous les efforts du nonce apostolique à Bruxelles ne parvinrent pas à lui faire retirer cette défense. Il se savait soutenu par son souverain.

L'attention de Loyola wqw restait pas moins toujours attachée spécialement sur ces provinces si riches et florissantes, envahies déjà par l'hérésie. Il parle lui-même, dans une lettre adressée aii comte de Berg, de l'intérêt

qu'il porte à ces districts. (*) 11 salua donc avec joie, en 1555, la renonciation de l'empereur à ses possessions néerlandaises, espérant trouver un meilleur accueil pour sa société auprès de son successeur. Immédiatement, il dépêcha vers Philippe II, le jésuite Ribadeneira. Mais le nouveau roi n'aimait pas non plus l'institution de Loyola; il disait qu'il avait une idée nette de toutes les autres constitutions monacales, mais qu'il ne comprenait nullement celle-là. Ce ne fut que plus tard qu'il reconnut combien de services elle pouvait lui rendre dans sa lutte immense pour la domination exclusive du catholicisme. 11 se contenta donc d'ordonner au célèbre conseiller Viglius de lui préparer un mémoire sur la demande d'admission que Ribadeneira venait de lui présenter. Tous les Belges, évèqucs et curés aussi bien que bourgeois et nobles, s'opposèrent à la pétition des jésuites. On accusait déjà la Compagnie d'être dangereuse pour le clergé séculier et pour les autres ordres monastiques, et d'empiéter sur les ])ouvoirs temporels. Vigliiis lui-même combattit vigoureusement les jésuites qui, auprès de Philippe II, ne trouvèrent pour les appuyer queD. GomezdcFigueroa,ducdeFéria, dont le frère était membre de la Compagnie et qui possédait une grande influence sur l'esprit du roi. (^) Sur sa demande enfin, et à grande peine, ils obtinrent un succès partiel en arrachant à Philippe, en 1556, la permission de se fixer dans les Pays-Bas, à la condition toutefois qu'ils n'y pourraient

posséder des biens-fonds qu'avec l'assentiment des Etats

(*) Gkxklli, (trad. frainjaise) II, 263.

(') Orlandino. 1. XVI, cap. 28 ss. p. 54G ss.

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