‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 52 sur 215 · GRANDEUR DE L'ORDRE EN · texte numérisé non relu

GRANDEUR DE L'ORDRE EN

été ambassadeur impérial à Rome, et que là le rusé Ignace avait su gagner à lui et à sa société. (^) Toutefois le nombre des collèges de Sicile n'était pas encore fort considérable. La province d'Italie proprement dite, c'està-dire l'Italie supérieure, comptait dix collèges. Mais audelà des Alpes et des Pyrénées on avait bien moins réussi. L'esprit national, les tendances de réforme et le protestantisme s'y opposaient fortement aux progrès de la compagnie. La province de France ne consistait qu en un seul collège dont l'existence n'était pas même officiellement reconnue. La province de 1 Allemagne supérieure avait Vienne, Prague, Ingolstadt, Munich, — mais c'était la faveur de quelques princes et non pas l'assentiment des populations qui avait introduit les jésuites dans ces villes. La province de l'Allemagne inférieure, qui embrassait aussi les Pays-Bas, n'existait encore que sur le papier.

On voit par ce relevé rapide, combien sont exagérées les opinions de quelques historiens qui datent de la naissance même de Tordre des jésuites, l'époque du recul du protestantisme. Macaulay dit à ce sujet (^) : " Au XVP siècle, la papauté menacée de dangers nouveaux et plus terribles que tous ceux du passé, fut sauvée par un nouvel ordre religieux animé d'un grand enthousiasme et organisé avec la plus parfaite habileté. Lorsque les jésuites vinrent au secours de la papauté, ils la trouvèrent dans une situation fort critique ; mais dès ce moment le sort de la bataille changea. Le protestantisme, (|ui pendant vingt-cinq ans avait vaincu toute résistance, fut empêché de tout progrès ultérieur et refoulé, avec une rapidité étonnante, des pieds des Alpes

(*) Orlakdino, I. VII, cap. 1, p, 198. (•) Hist. (T Angleterre, chap. 6.

104 LA FONDATION DE L'oRDRE DES JÉSUITES.

aux côtes de la Baltique. „ — Cet auteur a de beaucoup estimé trop haut Tinfluence de Tordre des jésuites. L'hérésie en Italie et en Espagne n'a pas été étouffée par lui, mais par l'inquisition romaine et espagnole, c'est-à-dire parle pape, par Pliilippe II d'Espagne et par les dominicains. En France, pendant le XVP siècle tout entier, les jésuites n'ont pas exercé d'influence considérable, et nous avons vo, combien en Allemagne leurs progrès avaient été lents et difficiles.

En effet, après comme avant 1540, le protestantisme necessad'ayancer en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, dans les royaumes Scandinaves, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Ecosse. C'est le concile de Trente, dont nous parlerons plus tard, c'est surtout le glaive de Philippe II, ce sont les efforts de toute la maison d'Autriche et des Wasa. de Pologne qui le forcèrent de s'arrêter et de reculer. Les jésuites ont joué un rôle en tout cela, important il est vrai, mais toujours secondaire.

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