‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 78 sur 215 · L*INQUISITION ROMAINE · texte numérisé non relu

L*INQUISITION ROMAINE

Il était fort véhément et impatient dans ses relations tant politiques qu'ecclésiastiques, ne supportant point la contradiction. Il faisait peu de cas des princes temporels, croyant que TEglise était fort au-dessus de tous les pouvoirs séculiers. Il suivit plus tard le principe de ne point nommer de cardinaux sur la recommandation des princes (^), ce qu'aucun pape n'avait osé avant lui. Il était fier en outre de sa vie sans tâche, sa moralité était de celles qui sont intolérantes, orgueilleuses, exclusives et méprisantes, sans ménagements pour les faiblesses des autres. Avec tout cela Caraffa était d'une grande science, parlant fort bien le latin, le grec, l'espagnol, très éloquent dans sa propre langue, connaissant par cœur l'Ecriture et les principaux commentateurs, et particulièrement saint Thomas d'Aquin, son auteur favori. Sa mémoire était d'une ténacité prodigieuse, n'oubliant aucune circonstance du passé, n'oubliant surtout aucune offense faite à lui-même ou à l'Eglise.

Enfin, après la mort de Jules III et le court pontificat de Marcel II, les cardinaux comprirent qu'en présence des difficultés de l'Eglise on avait besoin d'un pilote fort et courageux qui, ne pensant ni à ses propres goûts ni aux intérêts de sa famille, ne songeât qu'à conduire hardiment et droit la nacelle de saint Pierre, assaillie de toutes parts par les tempêtes et les adversaires. Ils élurent donc, le 23 mai 1555, Caraffa, qui prit le nom de Paul IV.

Ce fut le triomphe complet de la réaction catholique et la victoire définitive de l'inquisition.

0) DK Leva, Giov, Grimani; 1. c.

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