MaUh., VII
Vraiment le nom cle fou ne suffît plus. La démence a des bornes; les exigences du Christ n'en ont pas.
Mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est que tout ce qu'il a voulu, il Ta obtenu.
Or, ajoute notre critique, <( le feu ne réussit jamais. Il n'a pas été donné jusqu'ici à l'égarement de l'esprit d'agir d'une façon sérieuse sur la marche de l'humanité ».
Il y a là quelque cliose de plus, apparemment, que ce qu'y aperçoit la critique de Renan et de son école. Cette inexplicable mentalité d'un ignorant à idées courtes qui a pris possession des temps et de l'espace, d'un forcené à idées extravagantes qui a donné de nouvelles assises à l'âme humaine et fondé la vraie civilisation, réclame une explication autre que celle d'une odieuse fantaisie de pamphlétaire
« On s'extasie sur les conquêtes d'Alexandre : eh bien, voici un conquérant qui confisque à son profit, qui unit, qui incorpore à lui-même, pas une nation, mais l'espèce humaine. Il veut l'amour des hommes, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus difficile au monde d'obtenir... César, Annibal, Louis XIV avec tout leur génie y ont échoué... Le Christ parle, et désormais les générations lui appartiennent par des liens plus étroits que ceux du sang... »
« ... Quel est-il donc cet amant invisilDle, mort sur un gibet, il y a dix-huit siècles, et qui attire ainsi à lui la jeunesse, la beauté et l'amour? qui apparaît aux âmes avec un éclat et un attrait auxquels elles ne peuvent résister? qui fond tout à coup sur elles et en fait sa proie? qui prend toute vivante la chair de notre chair et s'abreuve du plus pur de notre sang? Est-ce un homme? »
Ainsi parlait, de son exil d'où il contemplait toutes les ruines qu'il avait accumulées, Napoléon P""; ainsi parlait Montalembert, au soir du départ de sa fille bien-aimée pour un cloître, et des lèvres de l'empereur et des lèvres de l'écrivain tombait la même réponse : « Un seul mot peut expliquer ce mystère.
« Jésus est plus qu'un homme. Il est Dieu. »
La Moralité de Jésus