‹ La contrefaçon du ChristChapitre 106 sur 150 · QUATRIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME CONFÉRENCE

(( L'outrage et l'opprobre sont les ingrédients nécessaires de toute véritable gloire ; la calomnie et le blasphème font partie essentielle du triomphe. »

Ces belles paroles d'Edmund Biirke expriment mieux que toute autre les rapports du roman évangélique de Renan avec la survivance immortelle du Christ.

Ilfallait Toutrage pour la plénitude de sa gloire ; son triomphe n'eût pas été complet sans la calomnie.

Jamais toutefois la remarque de Fauteur anglais ne s'appliqua avec plus de justesse qu'à la partie de notre étude qu'il nous reste à traiter aujourd'hui.

Ni l'outrage ni la calomnie, — il vous en sou-

vient, — n'ont manqué sous la plume du critique, quand il s'est agi d'apprécier la mentalité de Jésus. Que ne devons-nous pas attendre, alors que son scalpel va s'attaquer au tissu vivant de la personnalité du divin Maitre, aux fibres actives qui impriment le mouvement à toutes les œuvres, et dont le jeu noble ou vulgaire établit l'individu à la place qu'il mérite d'occuper dans la sphère de la moralité humaine.

L'Angelico de Fiesole ne peignait ses têtes de Vierge et de Christ qu'à genoux. « Il serait bien, dit à ce propos l'auteur de la Vie de Jésus^ que la critique fit de même et ne bravât les rayons de certaines figures devant lesquelles se sont inclinés les siècles, qu'après les avoir adorées ^ »

Apprêtez-vous donc à voir notre critique mêler la bravade et l'adoration. Les deux sont inséparables sous sa plume. Le lévite n'a pas oublié d'ailleurs le geste qui met à genoux. A genoux^ il usera de la bravade et de l'adoration. Mais laquelle sera sincère, laquelle l'emportera? Vous en serez juges, après avoir étudié la contrefaçon du caractère moral de Jésus, selon Renan.

A quelque confession que l'on appartienne, la

Page 1