‹ La contrefaçon du ChristChapitre 107 sur 150 · Études d'Histoire 7'eligieiise · texte numérisé non relu

Études d'Histoire 7'eligieiise

plus simple connaissance des philosophies humaines contraint à reconnaître l'infinie distance qui élève la morale de Jésus au-dessus de celle des plus nobles fondateurs de croyances.

Mais en même temps que ce caractère de supériorité, la morale enseignée par Jésus a ceci de particulier que seule elle est efficace. « Le plus grand philosophe n'a pu influer sur la rue qu'il habitait, » disait Voltaire. La doctrine du Christ a créé un nouveau monde.

D'où vient la difiérence?

Kenan semble d'abord, en un premier mouvement, vouloir nous l'indiquer : « Dans la morale, comme dans l'art, dire n'est rien, faire est tout; l'idée qui se cache sous un tableau de Raphaël est peu de chose; c'est le tableau seul qui compte. De même, en morale, la vérité ne prend quelque valeur que si elle passe à l'état de sentiment, et elle n'atteint tout son prix que quand elle se réalise dans le monde à l'état de fait. Des hommes d'une médiocre moralité ont écrit de fort bonnes maximes. Des hommes très vertueux, d'un autre côté, n'ont rien fait pour continuer dans le monde la tradition de la vertu. La palme est à celui qui a été puissant en paroles et en œuvres, qui a senti le bien et au prix de son sang l'a fait triompher. Jésus, à ce double point de vue, est sans égal;

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sa gloire reste entière et sera toujours renouvelée ^ . »

La raison de l'opposition entre la stérilité philosophique dune part et la puissance active de la morale évangélique tient donc à ce que le Christ seul était ce qu'il enseignait et faisait ce qu'il disait.

C'est là, Mesdames et Messieurs, l'accomplissement idéal de la perfection du caractère humain : (( être ce que l'on croit, faire ce que Ton dit »; riiarmonie morale en trois notes : la pensée, la parole, l'action. Aussi les peuples qui entouraient Jésus, rendaient ce témoignage à l'intégrité parfaite de ses actions aussi bien qu'à la sublimité de sa doctrine, quand ils s'écriaient : « Il a bien fait tout ce qu'il a fait -. »

Cette perfection morale de Jésus explique la place qu'il donne à sa Personne dans son œuvre. La règle, la loi, le type, l'idéal, ce n'est pas une maxime, ce n'est pas un commandement, c'est Lui.

Recommande-t-il l'union avec Dieu : « Comme j'aime mon Père, comme je suis uni à mon Père. » Recommande-t-il la fraternité humaine : « Aimez-vous, comme je vous ai aimés moi-même. » Recommande-t-il les dévouements réciproques :

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