‹ La contrefaçon du ChristChapitre 138 sur 150 · Inlrod., p. LU · texte numérisé non relu

Inlrod., p. LU

Ainsi fait Renan. Ce n'est pas le lieu de vous signaler la folie de cette prétention. Je laisse pourtant siffler le fouet gaulois entre les mains de Montaigne : « Condamner résolument une chose pour fausse et impossible, c'est se donner l'avantage d'avoir dans la tête les bornes et limites de la volonté de Dieu et de la puissance de notre nature; et il n'y a point de plus notable folie au monde que les ramener à la mesure de notre capacité et suffisance K,. »

Disons donc seulement que Dieu étant un Etre réel, il y a un ordre surnaturel que toutes les entreprises du génie ne détruiront pas, tant que la nature divine sera d'mi ordre supérieur à la nature de l'homme. En dehors de Dieu, la sphère du surnaturel peut bien n'être que relative et variable. Ce qui est surnaturel pour un homme peut bien ne pas l'être pour un autre : ce qui est surnaturel pour un temps peut bien ne plus l'être pour l'époque qui suivra.

A mesure que l'homme grandit dans la connaissance des choses et la possession des forces, le domaine surnaturel diminue pour lui, comme à mesure que le voyageur s'élève dans les sentiers de la montagne, s'abaisse devant ses yeux le sommet qui lui reste à franchir.

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