Études, pp. XIX
En d'autres termes, si vous dégagez la pensée fondamentale de tout ce galimatias fleuri que Ton ne pardonnerait qu'à peine à un élève de rhétorique, vous arrivez à cette proposition :
Il n'y a aucune vérité absolue ; il n'existe aucun fait indéniable. Lorsque la raison se heurte à un document qu'elle ne peut expliquer, ce qui est aux yeux du critique angle, contradiction et aspérité, l'imagination n'a qu'à s'emparer de cette matière, la transformer, et en dehors de tout symbole et de tout dogme en composer un nouvel être. Le savant qui ne peut expliquer et refuse de se laisser instruire par la foi n'a donc qu'à céder la place à l'artiste qui se charge de créer. Là où le jugement ne peut rien, l'imagination peut tout.
De la sorte, nous sommes avertis : le Jésus de Renan ne sera pas le Jésus des Évangélistes expliqué parla critique, mais le Jésus du roman créé par l'Art. Ainsi, l'auteur réalise ce qu'il appelle si bien : « L'éternel besoin qu'a la pensée individuelle de créer à sa guise le monde divin ». Revenons à notre comparaison. Après Procuste, voici Pityocamptes et ses pins recourbés.
Ce sont, avons-nous dit, le document divin et la bonne foi humaine : « Que les Évangiles soient