‹ La contrefaçon du ChristChapitre 19 sur 150 · Introd., p. XV · texte numérisé non relu

Introd., p. XV

2. Introd., p. Li. Cette forme d'objection est du Renan seconde

dut sur cette absence de bases : « L'Évangile est légendaire, puisqu'il est plein de miracles. »

L'idée préconçue est celle-ci : « Qu'il puisse exister ou non un ordre de faits surnaturels, je l'ignore, ayant enseigné à ce propos le pour et le contre ; mais je déclare qu'il n'a jamais été constaté. » Tout ce qui s'inscrira à l'encontre de ce jugement sera réputé non avenu. Des foules hostiles ont vu le miracle, d'après les récits des Évangiles, et l'ont reconnu; des disciples infidèles se sont convertis, après l'avoir constaté, et l'ont affirmé jusqu'à l'effusion de leur sang; mais tout cela est mensonge. Donc il faut tenir l'Évangile qui rapporte ces constatations pour légendaire, puisque mon axiome inflexible est que le miracle ne peut être constaté.

Nous aurons à examiner plus longuement la question du miracle, dans l'œuvre de Renan ; je n'insiste donc pas ; mais il vous est facile de voir par quelle audacieuse pétition de principe , ce courbeur de pins rabaisse au niveau de sa conception matérialiste le point de départ de toute l'histoire évangélique et pose ainsi les conclusions les plus absolues : « Jusqu'à nouvel ordre nous

manière. Il avait écrit : « Le sens de la critique est la négation du surnaturel. Qui dit au-dessus ou en dehors de la nature, dans l'ordre des faits, dit une contradiction.» Études (T histoire religieuse, pp. 139, 207.

maintiendrons ce principe de critique historique, qu'un récit surnaturel ne peut être admis comme tel, qu'il implique toujours crédulité ou imposture *..• »

Que dirons-nous maintenant de la bonne foi humaine?

J'ose affirmer que jamais cette admirable qualité de la race française ne fut maltraitée plus odieusement que dans ce roman à face scientifique. On éprouverait une sorte de jouissance à pouvoir mettre sur le compte de la distraction ou de l'ignorance mille passages où les Évangiles sont outrageusement défigurés. Tout y est violé : l'histoire, la tradition, le bon sens même. Il n'est pas une page où le parti pris ne transpire, sous une forme ou sous une autre.

S'agit-il d'amener un témoignage externe qui peut infirmer les dépositions trop graves des Évangélistes? Renan le fait avec empressement, mais si par hasard le témoignage de l'auteur ainsi appelé à charge coïncide avec celui des documents sacrés, vite on fait agir la conjecture et la douce sollicitation des textes.

Voici, par exemple, Josèphe, l'historien qui nous est présenté comme la quatrième source

Page 1