Vie de Jésus, p
venir dans l'être qui pense pour que « la Terre donne son fruit » etquerhumanité voie « germer le Sauveur, le Saint, le fils de Dieu ».
Dieu s'unit personnellement à son œuvre; et comme il avait incarné la vie dans la matière, la sensation dans la vie, la pensée dans la sensation, il s'incarne lui-même aujourd'hui dans l'humanité. Les règnes se superposent et s'enveloppent : le règne de la vie s'ajoute au règne de la matière ; le règne animal au règne de la vie ; le règne humain au règne de l'animalité ; maintenant c'est le règne de Dieu, et des fils de Dieu dans l'humanité.
Toutes ces genèses successives constituent dans leur ensemble le drame grandiose de cette terre, elles sont toutes mystérieuses; plus l'être créé est parfait, plus le mystère est profond.
La vie est plus cachée que la matière, l'animal plus énigmatique que la vie organique, l'homme plus insondable que Tanimal, Jésus plus impénétrable que tout. Celui qui cherche à scruter les origines peut saisir les conditions matérielles dans lesquelles les êtres se produisent, la cause première échappe à ses expériences.
D'où vient la matière? D'où la vie? D'où l'être qui sent? D'où l'être qui pense? D'où vient le génie? D'où vient le Christ?
La science qui s'arrête aux phénomènes ré-
pond : « Je ne sais. » La raison qui perçoit les causes dit : « De l'Esprit de Dieu ^ »
L'Esprit de Dieu, seul, en dehors de tout élément actif humain, devait former le corps de Jésus, et, comme à l'aurore de TÉden, le souffle de Dieu éveilla dans la terre vierge le premier Adam, père de la mortelle humanité, l'Esprit de Dieu voulait, à l'aube des temps régénérés, éveiller dans la terre vierge du nouvel Éden le second Adam, père du siècle futur.
« L'Esprit saint surviendra en toi, dit le Messager céleste à Marie, la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre; et c'est pourquoi ce qui sera engendré saint sera appelé Fils de Dieu^. »
L'Évangile est formel. M. Renan ne l'est pas moins. L'Évangile fait intervenir la cause surnaturelle ; M. Renan ne fait agir que la cause naturelle : « Jésus sortit des rangs du peuple. Son père, Joseph, et sa mère, Marie... La famille, qu'elle provhit d'un ou de plusieurs mariages, était assez nombreuse. Jésus avait des frères et des sœurs, dont il semble avoir été l'ahié^... »
Cette grave proposition s'appuie sur une multitude de textes, que, selon son habitude, l'auteur