Mat th., XXI
discrète demeurer auprès de vous le fidèle frèreprêcheur de FÉvangile. Aussi bien, l'attention que certains débats sur l'étude des livres saints vient de susciter jusqu'au sein d'un monde que l'on eût pu croire indifTérent aux questions scripturaires^, me confirme encore que ce n'est point faire œuvre vaine que de remettre en sa pleine et féconde lumière le visage défiguré par la pseudo-critique « de Celui qui est le même hier, aujourd'hui et pour les siècles ».
Notre matière d'étude ainsi présentée, il nous faut avant de pénétrer dans lïntime du sujet nous arrêter, avec l'auteur, au seuil de son ouvrage.
La Vie de Jésus est précédée d'une longue Introduction de 59 pages.
C'est là que se trouvent des lignes précieuses entre toutes, parce qu'elles prennent le lecteur et l'instruisent sur l'esprit qui a inspiré Renan, les influences qu'il a subies, la méthode qu'il s'apprête à employer, le sans-façon avec lequel il traite ses sources documentaires et surtout le but qu'il poursuit.
L'auteur nous présente tout d'abord, sinon ses inspirateurs, du moins ses auxiliaires, ceux qui, peut-être, ne dirigent pas, à proprement parler, l'idée en marche, mais qui l'encou-
1. La condamnation des Études bibliques de M. l'abbé Loisy, Voir article du journal le Matin^ 28 décembre 1903.
ragent, l'excitent, la tiennent en haleine. Renan y renvoie comme à des amis sûrs : « Je n'ai pas l'habitude de refaire ce qui est fait et bien fait. Pour ne citer que des livres écrits en français, les personnes qui voudront bien se procurer les ouvrages suivants y trouveront expliqués une foule de points sur lesquels j'ai dû être très succincte »
Quels sont donc ces écrits que l'auteur qualifie d'excellents?
Il n'en manque sûrement pas que l'écrivain doué de l'érudition biographique la plus élémentaire peut indiquer. Sans remonter au delà du dix-huitième siècle, et pour ne citer que quelques noms, ce sont :
Bergier^, Vernet^, Duvoisin^, Bullet^, xMoïse^, La Luzerne^, Huet^, Duclot^ et parmi les plus proches de nous, non plus choisis dans le camp des traditionaUstes chrétiens, mais simplement des critiques indépendants, ce sont Michaëlis ^o,