‹ La contribuable; ou, Comment défendre sa bourseChapitre 16 sur 27 · AGGRAVATION DES CHARGES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

AGGRAVATION DES CHARGES PUBLIQUES

francs. — Quant à la dépense communia ilo TEmplre. elle a triplé depuis vingt-cinq ans.

La Russie a vu doubler ses dépense:^ depuis IH(jU. De 422,600,000 roubles en 1860, elles sont pat^sées a 860 millions de roubles en 1885.

L^Italie, avant 1861, dépensait 81:i luillions de francs; çn 1882, elle en a dépensé 1,537 million.^.

J^ai pris, vous le voyez, les budgets des pays qui seront probablement engagés dans ia prochaine guerre, et vous pouvez, dès à présent, supposer que l'augmentation des dépenses est due, }inur une iarge part, à la préparation de celle-ci : assurénKmt, vous ne vous trompez pas. Mais ce phénomène se produit avec une intensité presque égale dans des [mys plui;^ à Tabri de cette menaçante éventualité, f?l nous sollicite à chercher une cause plus générale encore. Ainsi* la Belgique, de 200 millions en 1870 est passée n près de 400 millions aujourd'hui. La Hollande, de 2(^S millions de francs pour 1870 à 272 millions en 1H8<).

L'Angleterre, enfin, de 1,697 millions de francs en 1860 est arrivée à 2,130 millions en \H^f) [Liv. 69,610,000 à Liv. 85 millions 292,(X)0).

En définitive, de 1865 à 1880, le budget ordinaire total de l'Europe a augmenté de moitié. De Kl milliards il est passé à 15, et, sur ces 5 niillinrds d augmentation, il y en a un bon tiers qui ne di)it (Hvc altribué ni directement ni indirectement à Is guerre.

Que sera-ce donc si nous prenons, mm pïïs dt^sbudgets nationaux, mais des budgets provnîciaux. départementaux et communaux, sur lesquels les préoccupations militaires ne peuvent nvo'w tpït; des retentissements insensibles '?

Nous voyons qu'en F'rance notre budget dit dp^

3ï6 LE CONTRIBUABLE

ressources spéciales, qui est formé d'une partie des revenus des départements et des communes, et autres établissoments publics (centimes additionnels), pergus ptïur leur compte par TEtat, a progressé de 2\t) iiiillinns en 1863 à 477 millions pour l'exercice 18^1. Nous voyons encore que le budget ordinaire et extraordinaire communal, non compris Paris, est passé de 450 millions en 1862, à 713 millions en 1877; que pour Paris, enfin, les dépenses, au lieu de 107 njilfioiïs en 1855 sont, en 1885, de 260 millions.

Dira-t-tin qu'il y a du gaspillage, et que la faute en esL h notre démocratie ? Il y a du vrai dans ce reproche ; mais les budgets locaux d'Angleterre sont passés de ÎXX) millions en 1868 à 1 milliard 600 millions en imi (Liv. 36,132,000 contre Liv. 66 millions (ïfi'j.iKX)). Mais ceux de la Suisse, de l'Italie, de l'Alleumgiie. (ïe la Belgique, ont augmenté dans les meniez pi'OjHM'tions. Il n'est pas jusqu'aux Etats-Unis, le seul pays du monde peut-être où le budget national soit en décroissance, qui ne voient également augmenter les chiffres de leurs dépenses locales, autant du moins que l'insuffisance des documents nous permet lie le conjecturer.

Notez enfin que, pour mieux frapper vos esprits, j'ai ressei'fé la période d'augmentation dans les vingt dernières années. L'accroissement eût été bien plus fnrl encore ai j'avais pris pour point de départ le commencement du siècle (^).

{^) En resserrant dans cette dernière période le tableau des augmentations, j'ai aussi évité Pobjection tirée de la baisse de la valeur de la monnaie, puisque, au conlraiie, dans cette période, Ja %jileur de b monnaie a eu plutôt une tendance dans la hausse (dîwinutioT) générale des prix de gros depuis 1873).

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