‹ La Contribution de la Méthode expérimentale à l'étude de l'HérpèsChapitre 11 sur 61 · PEN · texte numérisé non relu

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passant en revue les diverses souches de virus soi disant encéphalitiques n’en considére qu’une dizaine en tout comme valables et que CARTNEY examinant 300 lapins décédés d’affections intercurrentes ou sacrifiés dans son laboratoire trouve chez plus de la moitié d’entre eux les lésions considérées comme typiques de l’'encéphalite herpético-léthargique.

Malheureusement aucun des animaux employés dans l'investigation expérimentale n’est un réactif assez sûr pour nous mettre à l’abri des causes d'erreur que nous allons examiner.

Chez le lapin l'encéphalite épizootique a faussé de nombreux résultats et elle n’est bien connue que depuis peu à la suite de la controverse qui s’est établie d’une part entre les auteurs suédois KLIixG, Davipe, LiILJENQUIST et, d’autre part, les chercheurs suisses DoErR et ZbansKy et français Levapiri, NicoLau et Mile Scuoen. Ces derniers, en 1924, ont publié une étude complète sur la question dans les « Annales de l'Institut Pasteur ».

Il s’agit d'une maladie spontanée du lapin (WRIGTH et CRAIGHEAD 1922) bien différente cliniquement de l’'encéphalite herpétique : incubation longue, maladie en général latente, rarement marquée par quelques phénomènes nerveux ou un peu d’ascite (LEVADiITI) aboutissant assez souvent à la mort, mais seulement au bout de quelques mois. Les lésions ressemblent à celles de la méningite herpétique subaiguë, mais il n’y a ni localisation à la zone élective, ni neuronophagie et cela tandis que d'autre part on trouve des lésions rénales. Le parasite, l’encéphalitozoon cuniculi, microsporidie voisine de l’agent de la Pébrine du ver à soie est une formation ovalaire de 1à 24 colorable à la fuchsine phéniquée avec persistance de une ou deux aires claires, peu acido-résistant, se trou-

vant soit isolé, soit groupé en amas de 20 à 40 individus. On le rencontre non seulement dans le névraxe, mais encore dans le rein, dans le poumon, dans les cellules de Kuprer, dans les gros mononucléaires, dans l’exsudat péritonéal et enfin dans l'urine qui assurerait la propagation de la maladie. Le critère le plus facile pour reconnaître l’encéphalite épizootique serait l’inoculation à la cornée du lapin qui ne produirait pas la kératite. En se basant sur ces données, LEVADITI croit pouvoir affirmer que les virus encéphalitiques de KLING, THALEIMER, BULL, OL1VER et TworT ne seraient que des produits de contamination accidentelle par l’encéphalite épizootique du lapin et n'auraient rien à voir avec l'agent de l’encéphalite épidémique. Nous ajouterons que, d'aprés les auteurs français, l’'encéphalite épizootique serait relativement rare dans notre pays.

Le lapin peut encore présenter des encéphalites du type de celle de l'herpès après inoculation intracérébrale d'encéphalite épidémique, d'encéphalite du cheval (maladie de Bora), d'épithélioma contagieux des poules, et enfin de vaccine. Mais les conditions très spéciales de réalisation de ces maladies ne permettent guère la confusion. Tout aussi faciles à reconnaître sont les kératites et conjonctivites observées par Rose et capable de donner en injection subdurale des lésions de méningo-encéphalite, soit aiguës, soit chroniques : elles sont dues à un bacille, donc à un germe visible bien différent des virus.

La souris elle aussi présente une encéphalite épizootique qui semble bien identifiable à la précédente, laquelle peut être transmise au surplus du lapin à la souris, et c’est même sur la souris que Levapiri a fait l'étude du cycle évolutif de sa microsporidie. Ici on ne trouve le parasite que dans le névraxe.

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