HERPÈS ET ÉNCÉPHALITE LÉTHARGIQUE
Dorrr et ScaHNABEL, en 1921, puis LEvapiri et son école se sont faits les champions de la doctrine soutenant l'identité du virus de l'herpès et de celui de l'encéphalite, doctrine qui est bien loin d’avoir rallié tous les suffrages et que combattent entre autres GRüTER, LUGER et LaNpa et nombre de cliniciens. Levapini a publié en 1925 une étude très complète sur
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la question (Paris Médical) ce qui nous permettra de rappeler brièvement les données du problème.
L'opinion uniciste tire argumentation de l'expérimentation beaucoup plus que de l’anatomie pathologique et de la clinique. C’est l'identité des maladies herpétique et encéphalitique chez le lapin qui a conduit au rapprochement des deux virus. Les manifestations de la maladie chez l'animal ont en effet nombre de points semblables ; même symptomatologie, le virus encéphalitique inoculé à la peau du lapin donne une éruption érythémateuse suivie de papulo-vésicules, à la cornée une kératite vésiculeuse ; au névraxe, une encéphalite que rien ne permet de différencier des symptômes analogues produits par le germe de l’herpès.
Mêmes lésions : vésicules ; encéphalite aiguë et subaiguë avec neuronophagie ; manchons vaseulaires ; localisation mésocéphalique ; méningite à mononucléaires.
Virus très comparables, filtrables, invisibles, cultivables seulement en symbiose tissulaire, présentant une même sensibilité à la bile, à la chaleur ; une même résistance au froid, à la glycérine, à la dilution; inoculables à peu près aux mêmes animaux de choix, lapin, cobaye et souris ; et par les mêmes voies, par la peau, la cornée, les muqueuses, le cerveau, le testicule, difficilement les veines et les muscles, exceptionnellement le tissu sous-cutanëé et le péritoine; se rencontrant habituellement dans les mêmes organes ; et déterminant une mème immunité tissulaire au point que chez le lapin celle-ci réalise le processus d'immunité croisée.
La contribution anatomique est plus modeste puisque à défaut des lésions névraxiques de l’herpès humain, les auteurs ne peuvent apporter que l'identité
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des lésions de l’encéphalite léthargique de l’homme et celle des encéphalites léthargique et herpétique du
Enfin l'argumentation clinique est encore moindre, puisque l'affinité neurotrope du germe herpétique n'est démontrée que par l'existence de troubles nerveux, de névralgies et de réactions méningées au cours de l'herpès banal.
C'est pourtant le total de ces arguments qui amène les unicistes à confondre l’herpès et l’encéphalite, à les attribuer à un même germe dont la virulence varierait, plus dermotrope dans le cas de l’herpès, plus neurotrope dans le cas de l’encéphalite. L'herpès, selon l'expression de LEevapiri, serait une encéphalite décapitée.
L'opinion dualiste est naturellement bâtie d'une part sur des arguments propres, d'autre part sur des objections aux points avancés par des unicistes. Nous examinerons tout d’abord les premiers.
Au point dé vue expérimental elle invoque avant tout d’autres résultats de l'expérimentation qui chez l'homme n’a jamais pu reproduire que l'herpès. ScHNABEL s’inoculant du virus d’'encéphalite herpétique de lapin contracte un herpès labial. Nicorau et PoiNcLoUux injectant à un encéphalitique le virus vaccin souche Levapirr ne produisent au milieu des phénomènes généraux qu’un simple herpès labial. Basraï et Busacca introduisant le virus herpétique et encéphalitique dans les espaces sous-arachnoïdiens de l’homme ne constatent, malgré sa persistance à ce niveau aucun phénomène morbide.
En clinique la délimitation est encore plus marquée, L'herpès est rare au cours de l’encéphalite et si les deux maladies succèdent fréquemment à la grippe, on manque de données épidémiologiques sûres pour établir le passage de l’herpès à l’encéphalite, L'herpès ne
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paraît pas cliniquement contagieux alors que l'encéphalite l'est indiscutablement même à la phase Parkinsonnienne (G. GuiLLaiN); l’herpèës est banal, l’'encéphalite rare, l’herpès est bénin, l'encéphalite grave. L'herpès est surtout une affection cutanée, l’encéphalite est exclusivement une affection nerveuse.
D'autre part, l'argumentation uniciste a été soumise à de nombreuses critiques.
Sur Le terrain clinique on lui objecte que les phénomènes nerveux de l’herpés, douleur et réaction méningée ne rappellent que de loin les symptômes si marqués de l’encéphalite avec sa somnolence, ses spasmes, ses troubles paralytiques et psychiques.
Sur Le terrain anatomique on fait observer aux unicistes qu'ils n'ont pas comparé les lésions de l'encéphalite de l'homme à celles de l'herpès nerveux humain. Et CAarINEY a démontré que les constatations sur le lapin n'avaient qu'une valeur médiocre puisque plus de 50 % de ses animaux de laboratoire morts de causes variables présentaient des lésions de l’encéphale rappelant celles de la névraxite épidémique. On sait d'autre part que des lésions très comparables peuvent être réalisées avec des virus très différents, celui de l’épithélioma contagieux des poules (LEvADiri) ou celui de l'encéphalite infectieuse du cheval (Kraus).
Sur le terrain expérimental, enfin, on a remarqué de sérieuses différences entre la maladie herpétique du lapin et celle que produisent chez l'animal différents virus encéphalitiques. Des souches dites «encéphalitiques» ont en effet pu transmettre au lapin des encéphalites atypiques ou n’engendrant pas l’immunité croisée avec le virus herpétique. Cette objection a provoqué une étude approfondie des souches ayant donnè des résultats aussi discordants. DoErr et ZoaxskyY, Levapiri, Nicozau et Mile ScnoEx, Nicorau,