‹ La Contribution de la Méthode expérimentale à l'étude de l'HérpèsChapitre 7 sur 61 · DT NES · texte numérisé non relu

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bien à la sonde gastrique ou rectale. Ils conviennent tout particulièrement pour étudier la réceptivité des muqueuses respiratoires et digestives qui d’une façon générale apparaissent comme des barrières naturelles moins résistantes que la peau pour nous protéger contre les infections. L'inhalation de poudre virulente ne paraît pas avoir été tentée. L'ingestion simple de produits virulents dont l'efficacité a été vérifiée de façon assez constante dans la rage s'est révélée efficace entre les mains de RemuiNGer et BalLLy mais d'une façon très irrégulière. L’instillation au niveau de la conjonctive ou de la muqueuse nasale, pratiquée par les mêmes auteurs, a pu également réaliser

‘l'encéphalite herpétique alors qu'on avait évité tout

traumatisme de la muqueuse. Par contre, au niveau de la peau saine, l'application de cataplasmes d’émulsion virulente s’est montrée inopérante.

Les procédés par effraction semblent d’ailleurs donner des résultats plus constants ce que l’on comprend bien puisqu'ils produisent une lésion de la cellule la mettant directement en contact avec le virus.

Aussi convenait-il de reprendre les méthodes précédentes en leur associant le traumatisme qu'elles ne comportaient pas par elles-mêmes, par exemple après inhalation de gaz irritant ou après ingestion de bile selon le procédé qui a assuré à BEesrepka le succès de ses tentatives d’immunisation antityphique par voie digestive. RemziNGER vient de réaliser la seconde de ces expériences : il fait ingérer 10 à 15 cc de bile de bœuf à des lapins trois quarts d'heure avant l'ingestion virulente de façon à assurer l’effraction de l'épithélium intestinal sans détruire le virus très sensible à l’action de la bile. Ensuite les animaux reçoivent à la pipette, ou mieux à la sonde en gomme ce qui évite toute régurgitation, donc tout contact avec la muqueuse

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nasale, 20 ce de solution physiologique dans laquelle on à mis en suspension le quart d'un cerveau de lapin. Les lapins biliés donnent 4 morts et 2 survies ; les lapins non biliés 1 mort et 5 survies.

Les faits sont aussi démonstratifs lorsque lon emploie des techniques comportant en elles-mêmes un traumatisme comme les badigeonnages et les injections. Il est à noter toutefois que ces dernières constituent un procédé s’éloignant quelque peu des modes de contagion naturelle.

Les badigeonnages, qu'ils soient pratiqués sur la peau ou sur les muqueuses, doivent s'accompagner d'une irritation mécanique (frottements violents, scarification) ou chimique (instillation d'huile de croton, application de goudron) si l’on veut obtenir des résultats réguliers.

Les frottements se font au niveau de la peau par le procédé de CALMETTE et GUËRIN qui, en 1904, reprenant les expériences d’inoculation de la vaccine au lapin de Barp et de LecLerc (1891) introduisirent une technique nouvelle en appliquant la pulpe vaccinale sur la peau fraîchement rasée et lavée à l’eau salée isotonique. De nos jours on pratique en outre une épilation préalable ; mais on peut plus simplement couper les poils aux ciseaux et frictionner modérément avec un tampon de ouate imbibé d’émulsion virulente (REMLINGER et BaïLLy). Au niveau des muqueuses le frottement peut se faire sans traumatisme préliminaire et REMLINGER et Baizzy viennent de reproduire l'encéphalite herpétique par simple écouvillonnage de la muqueuse avec un tampon de coton monté. Le même procédé a été employé au niveau de la conjonctive et l’on conçoit la possibilité de sa réalisation au niveau de 1a trachée. Les scarifications sont faites au niveau du tégument à l'aide de striations à la pipette de verre brisée ; à la

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cornée on emploie le couteau triangulaire de DE GRAEFFE chargé de produit virulent selon la technique initiale de GRüÜTER ; au niveau des autres muqueuses (nez, organes génitaux) on se sert du scarificateur de VipaL.

L'application de goudron et d'huile de croton ne donne lieu à aucune considération particulière. Notons seulement que la première a été employée au niveau de la peau par E. GoopPpasTurE et O. TEAGUE en même temps qu’ils inoculaient le virus à la cornée et que la seconde a été réalisée sous forme d'instillation au niveau des muqueuses nasale et conjonctivale par Levapiri et ses collaborateurs étudiant le virus de l'encéphalite.

Les injections se font avec les formes liquides du virus que nous avons examinées précédemment. Elles servent à contaminer soitles humeurs, soitles organes, soit les tissus.”

Dans les humeurs le virus peut être introduit dans le sang ou dans le liquide céphalo rachidien (Dore et VôcarTiNG, Dorrr et SCHNABEL).L'injection intra-veineuse sera poussée, soit par la veine marginale de l'oreille (RemuiGer et Baïzzy, avec 0 ce 5 d'émulsion filtrée sur papier), soit par la jugulaire. Le liquide céphalorachidien a pu être infecté après ponction lombaire. Il est à noter que ces méthodes, pour être plus sûrement efficaces, doivent s'accompagner d’un traumatisme cranien comme nous le verrons plus loin.

Dans les organes, l'injection est surtout réalisée au niveau du cerveau (Dorrr et VôcariNG, BLanc et CaMmiINoPpETROSs). La technique, imitée de celle qu'on emploie pour la rage, consiste à perforer le crâne avec une aiguille à dissection après désinfection de la peau. L’aiguille fine de la seringue est alors introduite dans l'orifice ainsi produit, enfoncée légèrement et l'on injecte une trace d’émulsion virulente,

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Ï1 convient en tous cas de réduire le traumatisme cérébral au minimum de façon à éviter des foyers de ramollissement aseptiques parfois mortels. Aussi, si l'on pratique des inoculations sur le singe avec de plus grandes quantités de virus, il faut réaliser l’immobilisation parfaite de l'aiguille pendant toute la durée de l'injection qui doit être poussée très lentement à une vitesse de 2 à 3 minutes par centimètre cube selon la technique de BorrEL employée au service de notre maître, le Professeur RoHMER, pour les injections intracérébrales de sérum antitétanique.

Les injections dans la chambre antérieure de l'œil (LOEWENSTEIN, chez le lapin), dans la surrénale (P. Taissier et ses collaborateurs) dans le testicule, après incision de la peau et des enveloppes (REMLINGER et BaizLy) n'offrent rien de spécial. On emploie habituellement environ deux dixièmes de ce d'’émulsion virulente.

Dans les tissus, la technique est également très simple, les résultats variables.

L'injection intra-dermique avait montré à MaRIaAnNt la conservation du virus sans production de lésions, à Le FÈVRE DE ARrRic des résultats positifs, mais très inconstants. REMLINGER et BaILLY viennent au contraire de prouver l'efficacité régulière de cette voie en changeant la méthode par l'emploi de fortes doses de virus. Pour arriver à ce résultat, ils inoculent chez le chat, 2 à 4 cc d'une solution à un tiers de cerveau de lapin pour 40 cc d'eau physiologique en employant 10 à 15 injections en nappe et en répétant l'opération à quelques jours d'intervalle.

De même l’inoculation sous-cutanée que MaRIANI, Le FÈVRE DE ARkic et la plupart des auteurs ont trouvée inopérante, s'est au contraire révélée toujours fidèle entre les mains de REMLINGER et BAILLY qui ont employé

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de fortes doses de virus, avec les mêmes concentrations etla même méthode que précédemment. Ils ont ainsi constamment observé D nt ne DCbARE transmissible en série.

L'injection dans les nerfs, et le sciatique en particulier, réalisée avec succès par Levaprri et HARVIER dans . l'encéphalite, n’a pu être réussie chez le rat blanc par P. Teissier et ses collaborateurs RER, avec le virus de l'herpès.

Dans les muscles, l'injection réalisée pour l’encéphalite par Levapiri et HARvIER au niveau de la nuque a été obtenue pour l’herpès par REMLINGER et BaiLy introduisantle virus dans l'épaisseur delalangue; cette dernière voie serait pour ces auteurs très efficace à cause de la richesse de l'organe en nerfs et en lymphatiques et de sa proximité des centres nerveux.

Les ganglions lymphatiques et la moelle des os ne semblent pas avoir été étudiés au point de vue de leur réceptivité.

Les séreuses ne l'ont guère été davantage sauf le péritoine. Les injections intrapéritonéales pratiquées chez le rat blanc.n’avaient donné aucun résultat à P. Teissier et ses collaborateurs. REMLINGER a repris la question en injectant 19 à 20 cc d'émulsion épaisse représentantla moitié d'un cerveau de lapin encéphalitique. Il a ainsi reproduit l'encéphalite herpétique.

Les injections dans la muqueuse de la trachée, pratiquées par Levaniri et ses collaborateurs avec le virus de l’encéphalite sont restées sans résultat. Elles ne semblent pas avoir été tentées dans l'herpès.

En terminant nous ferons deux remarques :

La première que l'injection doit être faite avec des produits aussi aseptiques que possible.

La seconde, que la voie de pénétration du virus ne peut être déterminée avec certitude par ce procédé

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que si l’on prend soin d'éviter la traversée cutanée susceptible dans certains cas d'ouvrir une porte à l'infection rétrograde par le canal creusé sur le trajet de l'aiguille.

Besrenka, en effet, a indiqué en 1922 que le charbon, considéré comme le type des septicémies, se transmettait en réalité par la peau et cela par le mécanisme que nous venons de signaler. Si l’on introduit, en effet, sous la peau du lapin des ampoules contenant des doses massives de virus comme l’a fait PLorz et qu’ensuite on écrase les ampoules, l’animal ne devient pas charbonneux si le tégument est complètement restauré ; il contracte au contraire la maladie si la cicatrisation de la peau n’est pas totale.

La réceptivité des sujets nous offre à envisager d’une part la sensibilité des animaux, de l’autre celle de l’homme. Parmi les animaux, certains sont sensibles, d'autres réfractaires, d’autres n’ont pas été examinés.

Les animaux réceptifs sont les suivants : le lapin, réactif de choix, sensible d'autre part à la vaccine, à l'encéphalite, à la rage, irrégulièrement à la poliomyélite. La maladie du lapin est bien connue, mais l’animal est sujet à de nombreuses variétés d'encéphalite dont certaines sont épizootiques.

Le cobaye, dont la réceptivité subdurale fut longtemps seule connue (Dorrr et VücaTING) est aussi sensible que le lapin à l’herpës, comme l’a montré Mizran en 1924. Réfractaire à poliomyélite, il est au contraire inoculable par l’encéphalite de passage ainsi que par des affections encéphalitiques spontanées. Il a sur le lapin l'avantage d’un prix de revient moins élevé ce qui n’est pas négligeable étant donnée la nécessité d'employer de nombreux sujets à propos de chaque expérience.

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