Matth., virr
2. André-Jean-Marie Hamon, né le 18 mai 1795, mêmes mois et an qu'Augustin Thierry, nommé curé de Saint-Sulpice le 8 juillet 1851, mourut le 16 décembre 1874. Auteur d'une Vie de saint Francois de Sales (1854).
quand il accostait son curé dans la rue, lui protestait n’être pas aussi incrédule que la rumeur publique le colportait, promettant bien de ne recourir qu’à lui pour « recevoir son passeport », avant de quitter ce monde !.
L'accueil rencontré par M. Hamon, chez M. Thierry, fut d’une bonne grâce parfaite, et, joie plus sensible au pasteur des âmes, il avait, dès cette première entrevue, le bonheur d'entendre son docte paroiïssien, celui dont il avait craint peut-être d'affronter les objections ou d’essuyer les refus, lui faire la profession de foi la plus explicite et la plus satisfaisante. C'était plus qu’une affirmation même sincère; il y avait, dans la manière de formuler les motifs de croyance, l’expression d’un travail intérieur profond et réfléchi. Les rôles respectifs de la raison et de la foi y sont délimités nettement et définis avec la justesse d’un théologien de métier. « L'office de la raison, disait l’historien au prêtre, est de nous démontrer que Dieu a parlé aux hommes par Jésus-Christ; et une fois ce grand fait démontré par l’histoire, la raison n’a plus le droit de discuter; son devoir est d'apprendre par l'Évangile et par l'Église, ce que Dieu a dit et de Le croire; c’est le plus noble usage qu’elle puisse faire de ses facultés?. Ainsi la brebis égarée n’était pas aussi éloignée du bercail que le charitable visiteur aurait pu le supposer.
Enchanté d’une déclaration de principes si franche et qui égalait, si elle ne les dépassait pas, ses meilleures espérances, M. l’abbé Hamon n’en pouvait rester à un premier entretien. Celui-ci fut naturellement suivi de plusieurs autres qui amenèrent entre l’apôtre et son néophyte des rapports spirituels de plus en plus intimes. « Je cultivai avec délices, a-t-il dit, cet homme éminent, non autant que je l’aurais voulu, mais autant que me le permettait mon ministère, et toujours je le trouvai également ferme dans sa croyance °. »
Lorsqu'on se demande non ce qui avait pu amener cette forte créance dans l'esprit d’Augustin Thierry, mais bien lui